Le Grand Séminaire Saint Curé d’Ars de Bujumbura abrite du 27 au 30 août 2025, un congrès national sur le sacerdoce. Cet événement qui rassemble les évêques et les représentants des prêtres de l'ensemble des huit diocèses du pays comporte une double dimension: le centenaire des premières ordinations de prêtres burundais (1925-2025) et l'année jubilaire célébrée par l'Église universelle.
La troisième édition de la rencontre organisée par la basilique Saint-Pierre aura lieu les 12 et 13 septembre. Un grand événement international est prévu, avec la présence d'Andrea Bocelli et de Pharrell Williams. Le cardinal Gambetti : «Nous voulons proposer la fraternité comme clé de voûte d'un nouvel ordre politique, économique et social possible de l'existence humaine». Père Occhetta : «Nous souhaitons souligner la racine humaine qui nous lie tous».
Créé spontanément ces derniers mois alors que la guerre fait rage dans la région, ce réseau de plusieurs voix chrétiennes de Jérusalem élève sa voix pour défendre l’égalité, la justice et une paix durable entre Israéliens et Palestiniens. Il appelle également les pasteurs à s’engager davantage aux côtés des populations meurtries.
À l’université d’été du Medef, l’ancien ministre de la Justice d’Emmanuel Macron a une nouvelle fois sous-entendu que le problème en France, c’était CNews. « Monsieur Praud et ses amis finissent par créer dans les esprits quelque chose qui est assez délétère et qui ne nous donne pas envie d’être optimiste. Le débat public est tronqué » a-t-il notamment savamment expliqué.
La scène où il s’exprime n’est pas celle du théâtre Marigny, mais le court central de Roland Garros. Cela dit, le registre de l’acteur reste identique à ce qu’il est toujours : grosse voix et indignation surjouée. Cela se passe lors d’un de ces colloques qui ne servent à rien, l’essentiel étant, selon la belle maxime de Pierre de Coubertin, d’y participer. Ou plutôt de s’y montrer. Donc M. Dupond-Moretti est venu faire là ce que – médiatiquement – on attend de lui, du Dupond-Moretti.
On guettait l’emphase, l’envolée lyrique, elle eut lieu, rehaussée d’un parallèle audacieux entre l’avocature (sic) et le journalisme. Une diatribe conclue par cette formule qui se veut être une condamnation sans appel de notre profession : « N’importe qui peut être journaliste ». Alors que, à l’opposé, vous l’aurez compris, pour être avocat et faire son fric en défendant, cette fois pour de vrai, n’importe qui et n’importe quoi, il faut du diplôme, du serment, de la toge, le nom inscrit sur la liste du barreau, etc…
Il clair que, dans l’esprit du procureur d’estrade à grosse voix, pour devenir journaliste il serait de loin préférable que l’impétrant satisfasse à quelques épreuves, quelques tests, quelques examens qui permettraient d’évaluer son niveau d’adhésion, de soumission au politiquement correct, à la doxa dominante du moment. Et, de surcroît, si possible, être en mesure de joindre à sa carte de presse une autre carte, celle du bon syndicat ou du bon parti. Ai-je besoin de préciser lesquels ?
Or, Monsieur Dupond-Moretti, une fois encore, se trompe. Que n’importe qui – moyennant certaines aptitudes tout de même, que notre tribun se rassure ! – puisse devenir journaliste est, tout au contraire de ce qu’il clame, une excellente chose. C’est même l’honneur du métier.
Des confrères, il y a ceux qui sortent des écoles de journalisme, ceux qui sortent de l’université ou de telle autre filière d’études, et ceux – comme on aimait à plaisanter à mes débuts – qui sortent tout droit du bar-tabac du coin. De la vraie vie, en quelque sorte.
Cette diversité d’origine constitue en effet la richesse même de la profession. Et je le répète, sa gloire, son honneur.
Il y a des années de cela, à l’époque où Le Parisien était encore Libéré, un gars d’une trentaine d’années ne rêvait que d’y devenir journaliste sportif. Il quitta son boulot d’employé de bureau et se fit embaucher comme éboueur afin de pouvoir continuer à nourrir femme et enfants. Il disposait ainsi de la plus grande partie de sa journée qu’il employait à faire le siège de la rédaction la plus proche de chez lui. Il se tenait là, patient, imperturbable. Jusqu’au jour, où puisqu’on l’avait sous la main, on l’envoya couvrir un match de foot de patronage. Une grosse décennie plus tard, ce « n’importe qui » était devenu chef du service des sports du quotidien. Ce cas n’est pas unique, loin s’en faut. L’honneur du métier, vous dis-je.
Pour tout dire, journaliste, c’est un peu comme ministre, « n’importe qui », au fond, peut le devenir. Monsieur Dupond-Moretti devrait le savoir, lui qui l’a été.
L’Université libre de Bruxelles confirme Rima Hassan comme marraine de promotion des étudiants en droit mais poursuit l’ancien sénateur Alain Destexhe.
« C’est l’ULB qui met les Juifs en danger. » La Faculté de droit de l’ULB vient de confirmer jeudi 28 août le choix des étudiants de nommer Rima Hassan marraine de la promotion 2025-2026. Le Conseil facultaire prend bien soin de préciser que cela « n’engage pas l’université », que rien sur les diplômes n’indiquera le nom controversé et que, dès l’année prochaine, un encadrement plus strict du choix des noms sera mis en place pour la promotion 2026… À l’analyse pourtant, il faut rappeler un chiffre: seul un étudiant sur cinq a effectivement voté pour Mlle Hassan, soit 42% de 51,6% de participation.
Une minorité militante a donc imposé son choix au reste de la promotion. L’ULB souligne que l’an prochain, la liste des noms sera davantage encadrée, preuve du malaise existant au sein de l’université.
Dans le même temps, l’université engage des poursuites contre l’ancien sénateur belge Alain Destexhe pour « incitation à la haine ». Que lui reproche-t-on ? D’avoir publié sur X un court extrait de la liste des prénoms (et aucun nom) des étudiants de cette promotion, soulignant qu’une grande partie est d’origine arabo-musulmane – un simple constat statistique, qui reflète l’évolution démographique bruxelloise. Un fait que tout le monde peut constater au quotidien et qui, loin d’être stigmatisant, témoigne au contraire de l’intégration de ces jeunes dans l’enseignement supérieur.
Destexhe a mis en lumière une réalité sociologique qui peut, en partie selon lui, expliquer le choix de Rima Hassan, dans un contexte où Gaza mobilise fortement une partie de l’opinion et encore plus les Belges d’origine arabo-musulmane. Or, là où Rima Hassan multiplie les outrances – allant jusqu’à évoquer la mainmise des juifs sur les médias et la politique, menaçant l’eurodéputé Bellamy, ou mettant en danger l’imam Chalghoumi – l’ULB ne voit pas matière à s’opposer à sa nomination symbolique ! Mais lorsque Destexhe se borne à publier une petite liste de prénoms d’une proclamation, l’université crie à « l’incitation à la haine » et porte plainte !
Deux poids, deux mesures. D’un côté, on ferme les yeux sur une élue qui flirte avec l’antisémitisme et refuse de qualifier de terroristes les auteurs du pogrom du 7-Octobre. De l’autre, on poursuit un ancien sénateur qui exerce une liberté fondamentale garantie par notre Constitution : la liberté d’expression. Et qui répond sans doute aux valeurs de l’ULB qui définit sur son site le libre examen comme « l’indépendance du jugement et le rejet de l’argument d’autorité ».
Dans un communiqué de presse, le libéral belge a tenu à se défendre. « Par mon tweet, je formulais une hypothèse : le changement démographique, notamment à l’ULB, est en partie à l’origine de ce choix », explique-t-il. « Même s’il y a de nombreuses exceptions, une communauté arabo-musulmane tend à refléter son identité, ses valeurs et ses préoccupations. On le voit bien par le choix des prénoms, de la pratique religieuse (port du voile par exemple), du parti pris pour la Palestine, du vote se portant pour des candidats issus de la même communauté. Le choix de Rima Hassan n’en est que la énième manifestation. »
Alain Destexhe cite une étude de l’institut Jonathas, basé à Bruxelles et créé à la suite du massacre du 7-Octobre pour mesurer la montée de l’antisémitisme. L’Institut démontre que les préjugés antisémites sont plus répandus chez les musulmans que dans l’ensemble de la population belge. « 43 % des Belges musulmans pensent que ‘les Juifs belges ne sont pas vraiment des Belges comme les autres’, et 28 % des Belges musulmans estiment qu’il y a trop de Juifs en Belgique (page 37). »
« Le libre examen aurait précisément consisté à discuter, nuancer, réfuter cette hypothèse, explique-t-il. Au lieu de cela, l’attaque de l’ULB se résume aux poncifs pavloviens habituels de la gauche comme « les heures les plus sombres de l’histoire, stigmatisation, nauséabond… » dès qu’on a le malheur d’évoquer la réalité. Des prénoms ne permettent évidemment pas d’identifier des personnes, il n’y a aucune stigmatisation de qui que ce soit dans mon tweet. Affirmer le contraire relève d’un raisonnement totalement illogique. Depuis le 7 octobre 2023, l’ULB a toléré les pires manifestations d’antisémitisme sur le campus de l’ULB, y compris, pendant sept semaines (!), l’occupation de locaux au nom d’un terroriste palestinien.C’est l’ULB qui met les Juifs en danger sur son campus et les renvoie « aux pires heures de l’histoire ». » Il est décidément compliqué de débattre de l’islam et de l’immigration en Belgique…
Le choix de Rima Hassan s’explique aussi par la composition des étudiants en master de droit de l’ULB. Ci-joint une page des prénoms des étudiants en master de 2023/24. Une partie très significative est désormais d’origine arabo-musulmane, à l’image de la population bruxelloise. https://t.co/TpZhmXmV6upic.twitter.com/zCVEr0yn0s
L’annonce explosive de l’ONU a des effets dévastateurs sur Israël.
Le 22 août, l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC) une instance soutenue par l’ONU et considérée comme l’autorité en matière de crises alimentaires, a déclaré la famine à Gaza – plus précisément dans la ville de Gaza et pas dans les autres districts du territoire, mais personne ne s’encombre de ces nuances.
J’ai été ébranlé. Autant l’accusation de génocide contre Israël m’a paru à l’évidence une machination sordide, autant la menace d’une famine à Gaza, brandie dès les premiers jours de l’offensive israélienne et répétée avec obstination par M. Guteres, secrétaire général de l’ONU, était plausible car Israël avait pendant 78 jours, entre le 2 mars et le 19 mai, bloqué toute entrée de nourriture, eau, carburant et médicaments dans la bande de Gaza.
Aide alimentaire : l’UNWRA écarté
Il convient de rappeler ce passé récent. N’oublions pas que c’était à la suite du refus du Hamas de prolonger un cessez-le-feu qui, depuis janvier, avait permis de libérer 33 otages vivants. Les images de ces otages en face d’une foule surexcitée et nullement dénutrie nous avaient alors profondément choqués.
Israël a élaboré avec l’aide des Etats Unis un mécanisme de distribution nouveau, organisé par une Fondation Humanitaire de Gaza, la FHG, une entité philanthropique mais faisant appel à des sous-traitants logistiques et sécuritaires privés. Cet organisme a commencé de fonctionner à la fin mai, dans quatre centres de distribution situés au sud de l’enclave, avec des difficultés de mise en place, des erreurs opérationnelles, des limitations géographiques, des contraintes sécuritaires, des mouvements de foule, des provocations de la part du Hamas et des morts……
Ce système de distribution alimentaire, pour la première fois depuis que l’ONU existe, ne faisait appel à aucune ONG classique, et en particulier pas à l’UNWRA dont la complicité avec le Hamas avait été avérée.
Il a donc suscité une violente hostilité de ces ONG qui ont dénoncé ses limitations topographiques, car il ne couvrait pratiquement que le sud de l’enclave, son amateurisme, son caractère commercial, ses portions soi-disant inadaptées et plus encore les dangers qu’il faisait courir aux Gazaouis qui s’y rendaient. Un rapport de Médecins sans Frontières du 7 août a été jusqu’à accuser le FHG d’organiser des tueries. Un indice, en passant, de la dérive d’une organisation qui fut glorieuse dans le passé….
Mais le FHG diabolisé s’est amélioré, a délivré jusqu’à aujourd’hui 140 millions de repas de 2000 calories chacun à la population de Gaza ; de ce fait les prix sur les marchés se sont effondrés et le Hamas, qui stockait des ressources provenant du vol des cargaisons, se voit privé d’un trafic très juteux. M. Tom Fletcher, le coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, l’homme qui déclarait à la BBC au mois de mai que 14 000 bébés allaient mourir à Gaza dans les 48 heures, avait eu beau prétendre dans le passé que toutes les livraisons organisées par l’UNWRA arrivaient à destination, l’ONU a récemment reconnu que 95% d’entre elles étaient pillées… Il est scandaleux que le contenu de 950 camions pourrisse à Zikim et à Keren Shalom, sous le prétexte faisandé que l’armée israélienne ne fournit pas les garanties nécessaires.
Je n’ai pas cru aux photos terribles que certains journaux, du Daily Mirror au New York Times à Libération, ont publiées sans vergogne, montrant des enfants squelettiques dont on a appris qu’ils étaient porteurs de maladies congénitales. La présence près d’eux d’adultes ou d’enfants bien portants révélait la supercherie. Mais comment crier à la conspiration anti-israélienne quand tant de témoignages crédibles montraient l’existence de dénutrition chez certains Gazaouis ?
Israël de plus en plus isolé internationalement
Le rapport qu’a commis à ce sujet le Comité scientifique de l’IPC a eu un effet dévastateur pour Israël. Le secrétariat général de l’ONU et ses services ont immédiatement imputé à Israël l’entière responsabilité de cette famine, une analyse largement reprise, y compris par notre président de la République. Il devenait indécent de rappeler que si le Hamas avait accepté de rendre les otages qu’il avait enlevés et dont la récente video de deux d’entre eux montrait les stigmates d’une dénutrition extrême, la question de la famine des Gazaouis ne se serait pas posée.
Quant au rapport lui-même, deux de ses six auteurs ont un vrai palmarès anti-israélien: Andrew Seale avait écrit que Israël était né de la destruction de l’Etat de Palestine par des insurgés juifs et soutient aujourd’hui les attaques des Houthis. Quant à Zeina Jamaluddin, qui vient comme par hasard d’être incorporée au Comité, elle avait écrit dans un article controversé que les statistiques du Hamas sous-estimaient le nombre d’enfants gazaouis qui mouraient de faim, un élément crucial dans la définition de famine. Pour le choix de personnes neutres, on aurait pu faire mieux…
Quelques remarques sur les éléments techniques du rapport : le critère essentiel est le périmètre brachial des enfants de moins de cinq ans: en gros, moins de 12,5 cm c’est une dénutrition, moins de 11,5cm, c’est la famine. Une mesure simple, classique mais peu précise, qui est fournie par les correspondants du comité, c’est à dire des personnels travaillant dans des centres de santé. Les chiffres sont extrapolés à partir d’enfants amenés dans ces centres alors que ceux-ci sont par définition en moins bonne santé que les enfants qui n’y vont pas. De plus, il faut supposer que la mesure a été faite de façon non biaisée. La situation est très différente d’un foyer de famine comme le Soudan où les professionnels sont sur place, ont accès à la population et peuvent fournir des résultats plus robustes.
Malgré ces limitations, le rapport a eu un retentissement massif, car le nom «Nations Unies» charrie le fantasme d’un monde de vérité, de science et d’humanité. Rien n’est moins vrai aujourd’hui. Il suffit de rappeler avec quel acharnement les responsables de l’ONU ont crié à la famine imminente dès l’automne 2023, puis le rapport de juillet 2024 de la même IPC qui concluait à une famine inéluctable alors que les mois suivants montrèrent une amélioration notable.
Que peut-on en conclure ? Qu’il y a des Gazaouis, ceux dont les moyens physiques, familiaux et financiers sont limités, qui ne bénéficient pas de liens avec le Hamas et qui habitent loin des centres de distribution, qui souffrent de dénutrition grave. Certains, en particulier des enfants, en sont morts. Leur nombre est limité, mais la fixation du regard sur cette population, alors qu’aucun intérêt n’est porté à la situation alimentaire au Soudan ou au Yemen, interroge. Pour beaucoup d’Israéliens, de droite comme de gauche, l’appui porté par la population de Gaza au génocide du 7-Octobre oblitère des sentiments d’empathie, au moins tant que les otages ne sont pas revenus. Car dans le drame nutritionnel des Gazaouis, où Israël aurait peut-être pu faire plus ou plus vite, mais qu’il essaie de résoudre, ce que bien peu de belligérants ont fait dans l’histoire, il existe un coupable essentiel, et c’est le Hamas…
Le rapprochement entre Paris et Rabat, consolidé par la reconnaissance française de la souveraineté marocaine sur le Sahara, n’a pas seulement des implications diplomatiques. Il s’inscrit aussi dans une réalité plus souterraine: celle de la montée en puissance discrète des services de renseignement marocains. Dans un contexte sahélo-méditerranéen où les repères se brouillent et où la France a vu s’effriter plusieurs de ses leviers d’influence, le Maroc s’impose comme un partenaire crédible, et parfois même incontournable.
La DGED (les renseignements extérieurs) marocaine fait montre ces derniers temps d’une certaine efficacité. Dirigée par Mohammed Yassine Mansouri, elle aurait apporté une aide cruciale aux forces armées nigériennes qui auraient, selon un communiqué officiel, exécuté Ibrahim Mamadou, le chef de Boko Haram sur l’île de Shilawa dans la région de Diffa. Cette secte islamiste à l’origine de dizaines de milliers de morts et de millions de déplacés dans la sous-région est un immense facteur d’instabilité. La France peut donc compter sur cette solidité opérationnelle bénéfique à l’ensemble de la région. À la tête de la DGED, Mohammed Yassine Mansouri incarne cette orientation. Civil dans un univers longtemps dominé par les militaires, condisciple du roi Mohammed VI au Collège royal, il a construit sa légitimité sur le temps long: d’abord à la direction de la MAP (Agence marocaine de presse), puis au ministère de l’Intérieur avant d’être appelé à la DGED en 2005. Sa carrière illustre la volonté de professionnaliser le renseignement extérieur marocain, en le plaçant à l’intersection des réseaux tribaux, des canaux diplomatiques et des coopérations sécuritaires. Africa Intelligence rapportait même il y a quelques mois que la DGED était en pourparlers avec le Niger pour faire libérer le président Mohamed Bazoum, que la France a demandé à Niamey. Une libération qui avait été évoquée lors de la visite d’Emmanuel Macron à Rabat à l’automne dernier.
La DGST (les renseignements intérieurs), dirigée par Abdellatif Hammouchi n’est pas en reste sur un front finalement très complémentaire. Spécialiste des réseaux islamistes radicaux, M. Hammouchi a imposé au fil des ans une discipline de fer à ses troupes et transformé la DGST en référence mondiale dans la lutte antiterroriste. Sa nomination à la tête de la DGSN (police nationale) en 2015 a permis de fusionner les cultures policière et renseignement. Ses méthodes, marquées par la tolérance zéro, ont valu à ses services une crédibilité inédite auprès des partenaires européens. Ses services sont ainsi à l’origine de l’arrestation de figures du narcobanditisme hexagonal, comme Félix Bingui l’un des chefs du gang Yoda qui se cachait au Maroc. En ce mois d’août, le remorqueur Sky White battant pavillon camerounais était interpellé au large des îles Canaries avec trois tonnes de cocaïne à son bord grâce à l’idée de la DGST marocaine qui a fourni à la garde civile espagnole des renseignements et un appui opérationnel essentiel.
Des succès qui aiguisent les convoitises
Dans le nœud sécuritaire que représente actuellement la Méditerranée et l’Afrique sahélienne, encore récemment illustré par les violentes purges au Mali, la France ne peut plus compter sur la collaboration active de nombreux pays comme c’était naguère le cas. La tension énorme avec l’Algérie qui a atteint son apex en ce début de mois d’août l’aura encore démontré. En creux s’ajoutent aussi des difficultés plus ou moins publiques avec certains de nos alliés traditionnels européens, à l’image de l’Italie qui a toujours porté un regard envieux sur l’influence française en Afrique et s’est récemment de nouveau rapprochée d’Alger. Une danse du ventre qui a bien sûr trouvé un écho favorable du côté du régime algérien, englué dans sa politique répressive qui a conduit deux de nos compatriotes derrière les barreaux – Boualem Sansal et le journaliste sportif Christophe Gleizes.
Notre partenaire principal pour trouver des solutions dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité du Sahel se trouve désormais à Rabat. Car, il faut le reconnaitre : nous ne parvenons plus à communiquer directement avec les autorités de transition là où les Marocains sont désormais capables de jouer les intermédiaires. La libération, en décembre dernier, de quatre agents français de la DGSE détenus à Ouagadougou, fruit d’une intercession directe de Mohammed VI auprès des autorités de transition, l’a rappelé et fut très appréciée des services français.
Cette situation privilégiée excite le voisin algérien. Ainsi, depuis quelques semaines, des rumeurs se font entendre. Il y aurait au sein du Maroc une guerre « entre espions » opposant la DGED de M. Mansouri au pôle DGST / DGSN dirigé par Abdellatif Hammouchi. Certains verraient-ils d’un mauvais œil cette réussite opérationnelle et les bons rapports entre les services marocains et français ? L’emphase mise dans les médias algériens autour du cas de Mehdi Hijaouy peut le laisser penser ainsi que diverses publications dans la presse espagnole. Présenté en témoin de moralité et en ex-numéro deux de la DGED, l’homme a quitté les services en 2010 et a des problèmes judiciaires bien réels puisqu’il est accusé de fraudes et d’aide à l’immigration illégale. Peu de rapport direct donc avec une hypothétique « guerre des services ».
Cette campagne informationnelle sur les réseaux sociaux est d’ailleurs peut-être aussi alimentée par des services concurrents. La presse espagnole glosait ainsi récemment dans El Independiente autour d’une « guerre des services » alors que la DGST et la DGED n’ont ni les mêmes missions ni les mêmes périmètres : l’une agit sur le territoire national, l’autre à l’extérieur. Début août, du reste, les deux patrons du renseignement ont passé plusieurs jours ensemble lors d’un séminaire de réflexion stratégique. Ce rendez-vous portait sur les menaces asymétriques et visait à renforcer la liaison interservices dans la lutte contre les trafics transfrontaliers reliant le Sahel à l’Europe. En fait d’une guerre entre les deux principaux services marocains, il semble plutôt que des services extérieurs cherchent à en semer une… Lesquels ? Poser la question revient peut-être à y répondre.
Dans son homélie lors de la messe célébrée à L'Aquila, le Secrétaire d'État du Saint-Siège a rappelé que seul Jésus est capable de valoriser l'identité de chaque homme; le passage de la porte n'est pas «un geste magique», il doit être accompli avec une foi authentique. Après la célébration, il a présidé l'ouverture de la Porte Sainte de la basilique Santa Maria de Collemaggio.
Ils sont plus de 2 000 à être sans-abri faute de places d’hébergement d’urgence disponibles, alertent le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef France) et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) dans un baromètre publié jeudi 28 août. Cette situation «dramatique et inacceptable» pèse lourdement sur la vie et le droit à l’éducation dont jouissent ces enfants, déplore Julie Lignon, chargée de plaidoyer lutte contre la pauvreté à l'Unicef France.
Recevant en audience les membres des Écoles d'évangélisation Saint-André, vendredi 29 août, le Pape les a encouragés «à contempler la vie des saints qui, comme Jean-Baptiste, ont été de fidèles disciples de Jésus-Christ, le manifestant par leurs paroles et leurs bonnes œuvres».
L'Église américaine exprime sa douleur et présente ses condoléances après la tragédie survenue mercredi à Minneapolis, où un jeune homme a ouvert le feu pendant la messe à l'école catholique de l'Annonciation. L'attaque a fait deux morts parmi les enfants et environ dix-sept blessés avant que le tireur ne se donne la mort.
Avez-vous récemment fait un bilan de santé spirituelle ? Où en êtes-vous avec le Bon Dieu ? Avant de recommencer une année, beaucoup se soucient de leur forme physique et font un bilan : analyses sanguines, cholestérol ou diabète. Mais quel chrétien est...
L’homme moderne a déjà renoncé à l’effort physique. Renoncera-t-il demain à l’effort mental ? Entre fascination technologique, passivité cognitive et fantasme d’auto-amélioration, ce texte interroge les soubassements idéologiques du nouvel ordre technologique qui s’installe.
En février 2025, une étude conjointe de Microsoft Research et de l’Université Carnegie-Mellon a révélé un phénomène que beaucoup constatent intuitivement : lorsque des travailleurs en cols blancs utilisent une IA générative, 68% déclarent réduire spontanément leur effort cognitif et près d’un sur deux affirme moins vérifier les informations produites. Plus frappant encore, les participants les plus confiants dans la machine sont aussi ceux qui déclaraient avoir fourni le moins d’effort critique lorsqu’ils l’utilisaient. L’IA grand public ne se contente donc pas de produire du contenu : elle transforme notre rapport à l’effort mental et à la vérification, et installe peu à peu un réflexe de délégation.
« Demande à ChatGPT »
En moins de deux ans, les IA génératives sont passées de curiosité à réflexe quotidien : 600 millions de personnes les utilisent chaque jour au fil de multiples sessions dont la durée moyenne atteint désormais quatorze minutes par jour. Ce rythme d’adoption signe la marque d’une accoutumance croissante qui, par son ampleur, alimente directement ces systèmes : plus nous les sollicitons, plus ils se perfectionnent, créant ainsi une dynamique où l’usage massif devient le principal carburant de leur montée en puissance.
Si l’usage des IA se développe si rapidement, au point qu’on leur cède chaque jour davantage de terrain, c’est d’abord parce qu’il repose sur une confiance quasi instinctive qui progressivement évolue vers une forme de passivité, proche – pour beaucoup – d’une démission intérieure à bas bruit. Face à l’efficacité presque surnaturelle de ces outils, nous acceptons de réduire progressivement l’effort critique et mental qui constituait hier encore le fondement de notre autonomie intellectuelle. Ces renoncements du quotidien deviennent ainsi la condition même du développement de dispositifs techniques toujours plus puissants.
Pire, à mesure que la technologie se renforce, nous intériorisons l’idée que nous ne sommes plus vraiment à la hauteur, que la machine ne fait pas seulement mieux : elle sait mieux. Un glissement insidieux ouvrant la voie à une défiance généralisée envers la condition humaine, érigeant la technologie en réponse miraculeuse à nos imperfections et qui nous pousse dans les bras des idéologies techno-solutionnistes les plus caricaturales, dont le fondement est précisément la faillibilité humaine et son nécessaire dépassement.
De la démission à la soumission
À bien des égards, ces néo-idéologies reposent en effet sur l’idée que l’Homme, dans sa forme actuelle, est une entrave à son propre accomplissement, et que seule une amélioration radicale pourrait lui permettre de se réaliser pleinement. Ses fragilités – peurs, erreurs de jugement etc. – tout comme les travers collectifs – corruption, inégalités économiques etc. – deviennent autant de raisons pour justifier le recours massif à la technologie afin de les dépasser. Cette perception de l’Homme n’est évidemment pas nouvelle. Elle rejoint une critique ancienne que l’on retrouve déjà chez les Épicuriens et les Stoïciens, pour qui les passions humaines étaient sources de malheur. Mais là où ces écoles prônaient une libération par des moyens intérieurs – la vertu, la modération, la maîtrise de soi –, nos gourous contemporains proposent une voie radicalement différente : supplanter notre nature au travers de dispositifs technologiques exogènes. Une défiance envers la nature humaine qui se révèle également dans l’essor des technologies financières récentes – notamment celle du Bitcoin. C’est en partie dans la critique adressée aux monnaies traditionnelles – politiques économiques contestées, retour de l’inflation etc. – que prend racine l’essor des monnaies virtuelles, lesquelles s’érigent en réponses absolues à ces imperfections. Leur code devient la promesse d’une justice pure, d’une équité inaltérable.
Or, derrière cette prétendue pureté du code informatique se cache peut-être un phénomène plus profond : le retour du sacré sous forme technologique. Ce qui jadis relevait des religions et des croyances collectives se déplace désormais vers les algorithmes, les codes, les systèmes décentralisés. La technologie n’est plus un simple outil ; elle devient un Ordre Supérieur, un principe directeur au service d’une nouvelle foi, où le jugement humain passe au second plan. L’écran devient Oracle : on pose une question, on reçoit une réponse, on s’y conforme. Qui ose encore remettre en cause les itinéraires proposés par une application telle que Waze – si chère au philosophe Éric Sadin ? Combien d’utilisateurs de X (ex-Twitter) s’en remettent déjà à l’IA de Grok pour vérifier la véracité d’une information ?
Vers un grand remplacement ?
La possibilité d’un « grand remplacement » prend dès lors une dimension inédite : peut-être moins celle des peuples que celle de l’Homme, remplacé par les systèmes démiurgiques qu’il aura lui-même conçus. Et ce basculement ne serait pas imposé par une quelconque force extérieure, mais procéderait plutôt d’une démission intérieure : un renoncement volontaire des individus à prendre en main leur destin. Plutôt que de s’élever et se perfectionner, beaucoup semblent prêts à s’en remettre aux machines, une tentation que l’on voit poindre notamment chez les plus jeunes. L’IA, les algorithmes – et demain les robots domestiques – deviennent de facto les substituts de l’effort humain dans bien des domaines.
La presse magazine de la semaine s’interroge sur l’IA. DR.
Après s’être affranchi du travail physique, le monde développé est-il en train de basculer vers la fin de l’effort mental ? Faudra‑t‑il bientôt entretenir son intellect comme on entretient son corps, à coups d’exercices ciblés sur des applications de “fitness cognitif” ? Devra‑t‑on s’abonner à des programmes spécialisés pour éviter la dégénérescence neuronale provoquée par l’inactivité cérébrale ? Ou bien la marche sera‑t‑elle trop haute, et certains préféreront-ils directement une puce Neuralink pour doper artificiellement leurs capacités ?
Les signaux sont déjà là : plusieurs études montrent une baisse constante du vocabulaire actif moyen chez les adultes, reflet d’une érosion lente de la richesse cognitive. Si nous avons su déléguer nos muscles aux machines, rien n’empêche que nous finissions par faire de même avec nos synapses. Dès lors, ce qui subsistera de l’expérience humaine sera un corps assisté et un esprit externalisé. Les techno-utopies californiennes, loin d’incarner une émancipation, deviendraient alors l’ultime asservissement : celui que nos renoncements quotidiens auront rendu possible.
Gondo, industriel parvenu, patron de la National, une puissante marque de chaussures (on apprendra incidemment qu’il doit son ascension sociale à la dot de son épouse bien née), domine la grande ville aux usines fumantes de Yokohama, depuis les baies vitrées de son opulente maison au mobilier high tech, perchée au sommet de la colline, signe ostentatoire de sa réussite. En conflit avec son conseil d’administration, l’homme vient d’hypothéquer ses biens pour devenir actionnaire majoritaire de l’entreprise, lorsqu’un ravisseur, croyant enlever Jun, l’enfant unique du couple, s’empare par erreur de Shin’itchi, le fils du chauffeur. Gondo hésite à payer une rançon exorbitante au péril de ses ambitions matérielles, dans le dessein de sauver l’enfant, et à sacrifier ainsi ses intérêts à la morale.
Immense succès lors de sa première sortie
Entre le ciel et l’enfer, joyau en noir et blanc exhumé par les soins du distributeur Carlotta, ressort en salles dans une version restaurée 4K. Le film n’a pas la renommée des Bas-Fonds, de Dodes’kaden, des Sept Samouraïs, du Château de l’araignée ou encore de La forteresse cachée, autant de chefs-d’œuvre d’Akira Kurosawa (1910-1998), le prolifique grand maître du Septième art nippon. Immense succès à sa sortie au Japon en 1963, il emprunte très ouvertement aux codes du film noir américain. À l’orée des années 1960, le Japon, faut-il le rappeler, n’est plus formellement sous occupation US mais reste largement sous influence du vainqueur de la Seconde Guerre mondiale. Le film est d’ailleurs une adaptation de Rançon sur un thème mineur, un roman signé du jeune Ed Mc Bain (1926-2005), écrivain new-yorkais plus tard rendu célèbre par les aventures du 87è District. Dans le rôle de Gondo, Toshirō Mifune (1920-1997), l’acteur fétiche de Kurosawa.
Le premier tiers de ce long métrage de près de deux heures-et-demi est concentré dans le huis-clos de la maison du capitaine d’industrie. Les policiers y sont en planque, tandis que le kidnappeur, au téléphone, fait part de ses exigences pour récupérer la rançon en cash…
Haletant
À partir de là, le scénario prend une dimension inattendue : dans une deuxième partie haletante, très moderne dans sa facture, Entre le ciel et l’enfer s’ouvre sur l’espace de la ville accablée de chaleur. Autour du jeune inspecteur Tokura, une légion de limiers en chemises blanches, en nage malgré les ventilateurs dont le commissariat est équipé, se lance sur la piste du kidnappeur, munie de gros moyens logistiques et scientifiques (analyse des indices, repérage de la numérotation des billets, interrogatoires des comparses, filatures…). Traque urbaine échevelée, pleine de rebondissements, sur fond de trahison par les acolytes de Gondo. De fil en aiguille l’enquête se déplace dans les bas-fonds de la cité, au milieu des prostituées et des toxicomanes, jusqu’à l’arrestation du cerveau du rapt, un détraqué bientôt condamné à la peine capitale, après que ses complices junkies ont été retrouvés morts, assassinés par overdose de cocaïne!
Extraordinaire, toile de fond d’un suspense ancré dans ce Japon en essor accéléré, la présence étasunienne avérée jusque dans les enseignes (« tailor », « florist », « wc »), et plus précisément encore dans cette séquence de dancing où, sur un rythme de jazz endiablé se trémousse, au premier plan, un Noir américain murgé au scotch ou au gin-fizz… Exacte, scrupuleuse translation des canons du film noir hollywoodien dans l’archipel asiatique.
Entre le ciel et l’enfer. Film d’Akira Kurosawa. Noir et blanc, Japon, 1963. Version restaurée 4K. Durée: 2h23. En salles le 3 septembre 2025
Depuis près d’un demi-siècle, les élites de la musique baroque se produisent à Sablé (72). Mais avec un budget amoindri, l’ampleur du festival se réduit douloureusement.
C’est un joyau qui depuis un demi-siècle bientôt donne à entendre et à voir le meilleur de la musique et de la danse baroques en France.
Mais un joyau qui n’a jamais trouvé (à l’exception notable de l’église Saint-Louis de La Flèche) l’écrin qu’il mérite : le théâtre, le château, la chapelle qui serait à même d’exalter, dans un cadre à sa mesure, la beauté de ce que l’on y voit ou entend.
Etrange destinée que celle de ce Festival des arts baroques de Sablé né dans un lieu que rien de prédisposait à recevoir tant de merveilles. On y découvre des chefs d’œuvre des XVIIe et XVIIIe siècles exécutés par les solistes les plus brillants, les meilleures formations, les musiciens (ou les danseurs) les plus talentueux, mais dans d’aimables églises de villages qui n’ont rien d’exceptionnel ou, à Sablé même, dans une église néo-gothique aux beaux volumes, mais dont l’acoustique est défaillante. Ou encore dans une salle de spectacle confortable, mais incluse dans un centre culturel sans caractère datant de la fin des années 1970 ce qui dit combien il représente la fâcheuse antithèse des fastes ou des beautés baroques.
Dommage ! Il existe bien, à Sablé, un imposant château édifié à l’aube du XVIIIe siècle qui abrita cette marquise de Sablé si renommée en son temps, puis des ducs de Chaulnes de la maison d’Albert de Luynes au XIXe siècle. Mais il passa entre des mains bourgeoises qui lui firent subir une lamentable destinée avant qu’il ne soit converti dans les années 1980 en atelier de restauration des ouvrages endommagés de la Bibliothèque nationale. Avec sa façade majestueuse, mais quelque peu lépreuse, ainsi que sa terrasse spectaculaire dominant théâtralement la Sarthe et la petite cité, il pourrait être le somptueux écrin qui fait défaut au festival. Encore faudrait qu’il soit libéré par l’Etat de ses fonctions actuelles, comme cela est annoncé, et que sa configuration intérieure permît d’y recevoir des concerts.
Mais il y a plus préoccupant : le financement du festival et l’âge du public.
Celui du Festival de Sablé est assurément des plus exemplaires. Fidèle, averti, curieux et sans doute dépourvu de ce snobisme qui n’est pas garant de recueillement et d’attention, il a le mérite de suivre avec ferveur ce qui s’y déroule. Mais en accompagnant une manifestation qui célébrait cette année sa 47e édition, il a inéluctablement vieilli. Les sexagénaires y font figure de galopins et la plupart des concerts, hors les artistes, sont désertés par toute figure de moins de cinquante ans. D’où espérer dès lors un renouvellement du cheptel ? La direction artistique a beau fermer les yeux en pratiquant la politique de l’autruche, le problème est aigu et d’autant plus inquiétant que le festival est une perle baroque dont on ne peut que souhaiter la pérennité.
Comme dans un régime totalitaire
Il est aussi exposé à une vraie calamité : les pouvoirs locaux, l’autorité régionale en l’occurrence, incarnée par une enragée qui, en cherchant à faire de légitimes et souhaitables économies, sabre à tout va dans le budget culturel le faisant passer de 14 millions d’euros à 4,5 millions (moins 73%), sans être capable d’effectuer des choix judicieux dans ces coupes drastiques. On peut certes effectuer des économies. Encore faut-il que ce soit à bon escient, sans pénaliser de remarquables entreprises avec la même fureur qu’on peut mettre à suspendre toute aide à des manifestations d’un intérêt discutable. Mais comment espérer rencontrer du discernement dans le domaine des arts chez les politiciens de province quand à Paris on attribue le ministère de la Culture à quelqu’un qui apparaît comme caricaturalement inculte ?
Du jour au lendemain, et avec une brutalité digne d’un régime totalitaire, la présidence de la Région des Pays de Loire a supprimé l’aide fort modeste de 50 000 euros qu’elle apportait au Festival de Sablé. Outre les respectables recettes (billetterie et mécénat local) qu’engrange le festival et qui se montent à 100 000 euros, restent la participation de l’Etat (20 000 euros), celle du département de la Sarthe (57 000 euros), et celle de la municipalité qui se chiffre à 123 000 euros. Le maire de la petite ville a réagi avec noblesse en assurant le festival de son soutien indéfectible et en le projetant vers sa cinquantième édition. Mais qu’adviendra-t-il ensuite ? Le budget artistique du festival n’est que de 150 000 euros (cachets, hébergement et déplacements des artistes), ce qui est bien peu en regard de son rayonnement et du prestige qui a été le sien. Quant à son budget de fonctionnement, il entre dans celui du centre culturel portant le nom de l’ancien maire Joël Le Theule et que dirige Roland Bouchon. Les prix des billets courent de 40 à 12 euros. 12 euros pour les auditeurs de moins de 26 ans, bien plus rares, hélas ! que ne le sont les chevreuils dans les forêts des châteaux alentour. Plus invisibles encore sont les membres de la considérable communauté africaine installée dans la région en tant que main d’œuvre dans l’industrie alimentaire.
Alors que le Festival de Sablé doit douloureusement réduire sa durée, le nombre des concerts et la variété des sites où ils se donnent, il y a un trésor à protéger autre que le seul festival : cette profusion de jeunes musiciens de talent, ces formations de chambre remarquables qui cherchent, découvrent, exhument, ressuscitent des musiques injustement oubliées parfois ou maintiennent vivant avec foi et enthousiasme un répertoire fabuleux. Ils ne bénéficient pas des honneurs qu’on accorde dans les médias au moindre crétin qui brame dans un micro et se ridiculise à force de contorsions sur des podiums devant des foules décervelées. Mais ils appartiennent à l’élite du monde artistique et de la société, ils participent à l’identité, à la richesse culturelle du pays. Et à ce titre ils méritent qu’on les soigne alors que l’existence des festivals est pour eux essentielle.
Un chef d’œuvre d’élégance
Cette année encore, chaque concert aura délivré des moments exceptionnels :
cette partition d’un auteur anonyme allemand exécutée par l’ Ensemble Théodora (violon baroque, viole de gambe, théorbe et clavecin) qui est l’exemple même de la ferveur, de la fraîcheur et de l’esprit d’aventure que dispensent ces jeunes formations de musiciens passionnés ; cet aria, « Sovente il sole », extrait de l’ « Andromeda liberata » de Vivaldi, chanté de façon proprement céleste par le contre-ténor Carlo Vistoli accompagné par les musiciens des Accents, et qui suivait un magnifique « Stabat Mater » du même Vivaldi sous la direction de Thibaut Noally ; ces admirables concertos pour deux, trois ou quatre clavecins de Bach, dont jouent avec allégresse et jusqu’à l’envoûtement Bertrand Cuiller, Olivier Fortin, Violaine Cochard et Jean-Luc Ho, comme dans le largo du concerto en la mineur BWV 1065, accompagnés qu’ils sont par cinq autres excellents musiciens (violons, alto, violoncelle et contrebasse) de l’ensemble Le Caravansérail ou dans la transcription du troisième Concerto brandebourgeois pour quatre clavecins; la voix de la contralto Anthea Pichanick dans le « Stabat Mater » de Pergolèse exécuté par l’Ensemble Il Caravaggio sous la direction de Camille Delaforge.
Et enfin ce trio dansé extrait du spectacle « Que ma joie demeure », chorégraphié par Béatrice Massin pour sa Compagnie des Fêtes Galantes : un trio qui est un pur chef d’œuvre d’élégance, de spiritualité, d’équilibre et de douceur.
La prochaine et 48e édition du Festival des arts baroques de Sablé aura lieu du 19 au 22 août 2026.
Il faut bien reconnaître que, pour les parents d’aujourd’hui (génération des 30-50 ans), l’éducation chrétienne de leurs enfants est bien le cadet de leur souci. Ils ont pourtant reçu eux-mêmes quelques bribes de catéchisme mais ont été sans doute peu...
Deux frères d’origine tunisienne sont soupçonnés d’avoir abattu à la tronçonneuse l’arbre planté à Épinay-sur-Seine en mémoire d’Ilan Halimi. Cet acte, d’une violence symbolique forte, illustre encore une fois comment l’immigration incontrôlée nourrit la montée d’un antisémitisme nouveau de plus en plus visible dans notre pays.
Les premières informations dont on dispose sur les deux hommes soupçonnés d’avoir détruit il y a quinze jours l’arbre planté en hommage au jeune juif assassiné, laissent penser que l’on a affaire à des islamistes antisémites.
On a appris hier dans Paris Match que deux frères jumeaux ont été interpellés par la police ce lundi à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) non loin du mémorial en hommage à Ilan Halimi, qui a été vandalisé dans la nuit du 13 au 14 août. Confondus grâce à leur ADN et à la présence dans leur smartphone de vidéos où on les voit manipuler la tronçonneuse ayant vraisemblablement servi à couper l’olivier qui surmontait la stèle profanée, ils sont soupçonnés d’être les auteurs de cet acte antisémite hélas si symbolique de l’atmosphère irrespirable de judéophobie qui flotte depuis le 7-octobre dans notre pays. Les deux jeunes hommes ont été entendus en comparution immédiate par la justice. On saura ultérieurement s’ils sont condamnés, et à quelles peines.
L’information a été reprise ce matin un peu partout dans les médias. Évidemment, France Inter n’a pas jugé utile de mentionner que les mis en cause sont des SDF âgés de 19 ans de nationalité tunisienne. Ce détail a pourtant de l’importance, car il laisse supposer que nous ne sommes pas en présence de militants gauchistes. Il ne s’agit pas ici de dédouaner La France insoumise de sa responsabilité dans la recrudescence de haine anti-juive telle qu’on l’a constatée en France cet été, mais de rappeler qu’il serait mensonger de faire porter le chapeau au seul Jean-Luc Mélenchon, qui, en l’espèce, a condamné la profanation d’Epinay sans ambiguïté et jugé utile d’indiquer à cette occasion que le meurtre d’llan Halimi, ce jeune juif torturé à mort en 2006, avait été selon lui « l’acte abject d’abrutis assassins antisémites qui ne méritent que notre mépris ».
Nouvel antisémitisme
Dans sa lettre adressée à Benyamin Nétanyahou mardi, Emmanuel Macron estime que l’antisémitisme n’aurait en France qu’une seule explication: l’extrémisme politique. « Les antisémitismes de notre pays viennent de loin, ont longtemps été nourris par l’extrême droite, sont aujourd’hui aussi alimentés par l’extrême gauche qui essentialise la communauté juive et soutient la haine contre cette dernière », écrit-il. Pas un mot sur cette autre source de la haine antisémite, pourtant majeure, qu’est l’islamisme. Il est pourtant assez probable que les deux violeurs présumés de la mémoire d’Ilan Halimi aient été plutôt inspirés par des motivations religieuses qu’idéologiques. Mais comme cette éventualité ne cadre pas avec ce qu’Emmanuel Macron croit savoir, grâce à son grand ami Yassine Bellatar, des banlieues, il y a peu de chances que le président français fasse au Premier ministre israélien l’aveu de ce mal qui ronge notre pays.
Abattre l’arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c’est chercher à le tuer une deuxième fois. Il n’en sera rien : la Nation n’oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif.
Tous les moyens sont déployés pour punir cet acte de haine.
Assise en terrasse de café à Tel-Aviv, quelques heures avant une grande manifestation à l’initiative des familles d’otages, je surprends la discussion d’un père et de son fils. La conversation est vive, le ton monte. L’oreille indiscrète, je comprends que le fils est réserviste et qu’il s’apprête à retourner à Gaza dans quelques jours pour une opération d’envergure. D’une voix presque détachée — celle des êtres las, qui ont perdu la force de se mettre en colère après près de deux ans de combats et de tension — il soutient, face à son père, lui-même ancien combattant, que la stratégie actuelle n’est pas la bonne. Selon lui, il faut sortir de Gaza pour récupérer nos otages, puis, à l’avenir, se contenter d’interventions courtes, ciblées, ponctuelles. Il argumente, il faut s’extraire au plus vite de cette nasse dans laquelle le pays tout entier s’enlise et se perd. J’écoute moins le fils que je n’observe le père : son regard dans le vide, il répète en boucle : « Tous les sacrifices que nous avons faits ne peuvent pas simplement aboutir à cette issue-là. »
Quelques heures plus tard, je retrouve un ami israélien au visage fatigué. La veille, me dit-il, il s’est imposé de regarder quarante longues minutes d’images des massacres du 7-Octobre. Je suis choquée. J’essaie de bloquer les pensées et les images mentales qui pourraient me venir, moi qui ai choisi de ne pas visionner ces scènes. Aussi discutable que cela puisse paraitre, j’ai pris le parti de me préserver autant que possible des images difficiles. Mon silence suffit à l’interroger. « Je l’ai fait pour me rappeler qui nous avons en face. Il est important de ne jamais oublier contre qui nous menons cette guerre. L’Europe a basculé, gangrenée de l’intérieur, son opinion publique et politique retournée en quelques mois ; eux ont pris la liberté d’oublier la barbarie. Mais nous, Israéliens, avons le devoir moral de regarder lucidement qui sont nos ennemis pour les combattre en conséquence. »
En l’espace de quelques heures, deux conclusions radicalement opposées me sont données. En l’espace de quelques heures, je me confronte, comme c’est souvent le cas en Israël, à des récits de plus en plus enracinés et qui, à la longue, deviennent incompatibles. Ces récits, issus des « bulles sociales », elles-mêmes constituées bien avant les massacres, sont devenus si opposés que je me mets à douter s’ils décrivent la même réalité. Le prisme à travers lequel l’individu perçoit le monde m’apparait de plus en plus nettement.
Où puiser la force de continuer à vivre, quand le pays est isolé sur la scène internationale, que la haine antijuive repointe son visage, et qu’à l’intérieur, le peuple est si divisé ?
La réponse ne se trouve ni sur les réseaux sociaux, ni dans les médias. Elle se cueille en se promenant dans le pays. Où que l’on aille, les pelouses sont bondées par les concerts en plein air, les plages résonnent du matin au soir des jeux de balles et des cris d’enfants, les cafés ne désemplissent pas. Dans cet élan de vie, le peuple répond à sa manière, en s’efforçant, de toutes ses forces, de vivre intensément le moment présent.
Comme un fait exprès, les conseils prophétiques de Gilles Deleuze adressés à ses élèves en 1987 apparaissent sur mon écran au petit matin : « Quelle que soit l’abomination du monde, il y a quelque chose qu’on ne pourra pas vous retirer et par quoi vous êtes invincibles. Ce n’est surtout pas votre égoïsme, ce n’est pas votre petit plaisir d’être “moi”. C’est quelque chose de bien plus grandiose : la joie du devenir soi. Faites en sorte que cette joie grandisse, qu’elle devienne la joie d’un nombre toujours plus grand. Cela veut dire trouver en soi la force de résister à tout ce qui est abominable. »
Cette joie d’être soi, que certains occidentaux vont chercher désormais dans la méditation ou l’éloignement du monde, les Israéliens la puisent au contraire dans celle d’être ensemble, de cultiver la joie, de se l’imposer même quand elle risque de leur faire défaut. En Israël, l’épanouissement personnel ne se conçoit et ne se réalise qu’à travers la participation au destin collectif. Ici, le vivre ensemble n’est pas un slogan, c’est une réalité, et ce, en dépit des fractures profondes et des blessures qui parcourent la société.
Peut-être est-ce là le vrai visage d’Israël : une terre où, malgré l’abomination qui nous hante et les narratifs qui s’entrechoquent, la joie d’être soi continue de s’inventer, de circuler, de se partager — comme un pied de nez à la pulsion de mort qui s’est emparée du monde.
Le Sanctuaire Notre Dame d’Arigbo, Reine de la paix et de l’unité de Dassa-Zoumé a accueilli du 22 au 24 août 2025 la 71e édition du pèlerinage marial national de l’Église au Bénin. «Avec Marie, soyons des pèlerins de l’espérance», était le thème de ce rassemblement qui a drainé des centaines de milliers de pèlerins en provenance du Bénin et de pays voisins.
Dans son dernier roman, Sorj Chalandon revisite ses propres souvenirs pour retracer une jeunesse militante à l’extrême gauche dans les années 1970, n’hésitant pas à transformer au passage quelques noms et événements.
Ils ne sont plus très nombreux à se lancer dans une autobiographie racontant leur engagement pour changer le monde de manière ultra violente. « Ils », ce sont les maoïstes de l’ère post soixante-huitarde. Les petits matins blêmes de Billancourt seraient effacés par le Grand soir. Les prolétaires finiraient par dynamiter les structures bourgeoises. La gauche radicale était l’avenir radieux du monde. Elle avait ses héros : Staline, Pol Pot, Hô Chi Minh, Castro, Trotsky… Elle était le camp du Bien. Malheur à celui qui s’y opposait, il finissait au goulag de la pensée. N’oublions pas qu’il était préférable d’avoir tort avec Sartre que d’avoir raison avec Raymond Aron. Malgré l’aide de la barre de fer et du cocktail Molotov, le triomphe n’eut pas lieu. « Le chagrin du temps en six cents vingt-cinq lignes » – Léo Ferré – est venu à bout de la révolution. Leur idéal de justice sociale et de société permissive n’a pas résisté aux sirènes du consumérisme. Les révoltés sont rentrés dans les rangs du conformisme, ils sont devenus individualistes, soucieux de toucher chaque année les dividendes de leur palinodie.
Percutant
Le roman de Sorj Chalandon, Le Livre de Kells, est captivant parce qu’il raconte, sans lyrisme et en toute franchise, les grandes luttes idéologiques du début des années soixante-dix. De Gaulle avait quitté le pouvoir et la France n’avait pas réglé la question du pétainisme. La rue était le théâtre d’affrontements musclés entre la Gauche Prolétarienne, la redoutable GP, et l’extrême droite, incarnée par Ordre nouveau et le Front national dirigé par l’ancien para, pro Algérie française, Jean-Marie Le Pen. Roman, mais surtout entreprise autobiographique.
Derrière le personnage de Kells, se dissimule à peine l’auteur qui largue les amarres, Lyon et sa famille, à dix-sept ans, pour se retrouver à Paris, sans connaître personne. Le but : découvrir Katmandou, en passant pas Ibiza. C’est un témoignage de première main, servi par un style percutant. Pourquoi Kells ? Le nom est emprunté au Livre de Kells, « chef-d’œuvre du catholicisme irlandais, rédigé en l’an 800 par des moines de culture » représenté sur une carte postale envoyée autrefois par Jacques, ami d’enfance de l’auteur, glissée dans son sac de débine avec un exemplaire de La Nausée de Sartre et une photo de Guignol. Dans sa poche, un Corneille, un billet de 100 francs, volé à « L’autre » par sa mère. « L’autre », c’est son père, un homme brutal, raciste et antisémite. Il se barre pour ne jamais lui ressembler.
Jeune chien fou
Chalandon l’avait longuement évoqué dans deux précédents romans, Profession du père et Enfant de Salaud[1]. Kells va se frotter aux lois de la rue, dormir sous les ponts, dans un wagon sur une voie de garage, chez un pote qui lui permet de prendre un bain pour enlever la crasse des faubourgs. Il va voler pour se nourrir, apprendre à éviter les flics, se méfier de tout le monde. Il n’est pas sur la route mais sur les pavés de Paris, ce qui revient au même, le corps est à la peine. Il fait plusieurs boulots, ça l’éloigne de la dèche. Il garde espoir car son idole se nomme Angela Davis. Elle aussi, elle en bave, mais c’est pour la bonne cause : en finir avec la discrimination dirigée contre les Noirs. Quelques personnes vont finir par lui tendre la main. Elles lui apprennent à se battre, à maîtriser l’art de la rhétorique, à devenir « un enragé ». Certaines lui donnent le goût de lire ; cet autodidacte, « jeune déclassé », découvre le théâtre, aime le cinéma. C’est le temps des camarades, c’est surtout celui des copains. Il vend La Cause du peuple, journal interdit depuis le 13 mars 1970, et dont le directeur de publication, Jean-Paul Sartre, a été embarqué par la police. Ça file droit(e) dans la France du banquier Pompidou. Il se rend dans les bidonvilles de Nanterre, soutient les travailleurs immigrés, dénonce l’insalubrité des conditions d’hébergement, fait les devoirs des enfants d’une famille venue d’Afrique du Nord. Il ne déteste pas la castagne avec les flics, ni avec les « fachos ». Il défend les thèses féministes. Ces valeurs humanistes le portent, il y croit. Et puis son cœur n’est pas en bronze. Il y a un très beau passage sur l’odeur de sa mère qu’il n’a jamais connue. « Jamais senti la tiédeur de son cou. Je ne me suis jamais non plus réfugié dans ses bras. » Plus loin, il baisse la garde : « L’odeur d’une mère aurait suffi à me rassurer. »
« Le chien fou libéré de sa laisse » finit par comprendre que son manichéisme ne résiste pas à l’épreuve des faits. Sa résistance n’est pas comparable à celle de ses ainés, les maquisards qui se cachaient sous les chênes nains du Quercy. Son armée des ombres rouges, la GP, n’est pas sans reproches. En avril 1972, une jeune de quinze ans, fille d’un mineur de charbon, à proximité de la propriété de la maîtresse du notaire de Bruay-en-Artois, est retrouvée morte. La Cause du peuple crie aussitôt au crime de classe, les intellectuels de Saint-Germain-des-Prés s’empressent de faire partie de la meute. La vérité éclate : le meurtrier est un adolescent, lui-même fils de mineur. Chalandon énumère d’autres coups d’éclat peu glorieux, en particulier l’attentat sanglant, en septembre 1972, d’un commando palestinien contre des athlètes israéliens, aux Jeux olympiques de Munich. L’opération Septembre noir tourne au massacre. Kells rappelle : « Les onze otages avaient été tués. Certains assassinés dans les premières minutes, d’autres exécutés plus tard. Un policier allemand avait pris une balle, le pilote de l’avion était mort sans avoir décollé. Et cinq des huit Palestiniens du commando avaient été fauchés aussi. » La GP est propalestinienne, sans ambiguïté, Benny Lévy, alias Pierre Victor, son chef, est juif, comme la plupart des têtes pensantes de l’extrême gauche révolutionnaire. Le Grand soir a soudain un goût de cendre. Chalandon écrit : « Jamais je n’avais crié « Palestine vaincra », seulement « Palestine vivra ». Pas question pour moi d’écraser mais d’exister. »
Kells entre à Libération comme dessinateur de presse. Le numéro 1 parait le mercredi 18 avril 1973. Serge July en est le directeur. Le journal va-t-il être aussi engagé que La Cause du peuple ? Kells en doute, puis finit par l’apprécier. La salle de rédaction lui inspire confiance. Fumées de tabac, cafés tièdes, machines à écrire, croyance en un monde anticapitaliste. Ça continue, au fond, comme si les désastreuses erreurs ne comptaient que pour du beurre, le bilan restant globalement positif, pour reprendre la formule à la mode chez les séides staliniens. Libération se met à genoux devant Mao, et participe à l’ostracisme dont est frappé Simon Leys, le seul écrivain à avoir dénoncé la monstruosité maoïste dans Les Habits neufs du président Mao (1971).
À la fin du livre, Sorj Chalandon donne des nouvelles des principaux copains de Kells. Trois se sont suicidés. Le quatrième, en mission d’infiltration chez les maos, s’est volatilisé avec les munitions.
Sorj Chalandon, Le Livre de Kells, Grasset. 384 pages
Les salariés de RSP Sécurité manifestent contre la CADEMA : « On veut nos salaires »
Près de cinquante employés, impayés depuis cinq mois, ont dénoncé devant le siège de la communauté d’agglomération de Dembeni-Mamoudzou l’absence de règlement des prestations de sécurité des transports publics qu’ils assurent en pleine rentrée scolaire.
« Cadema paye nos factures », « Président descends », « On veut nos salaires ». Les slogans ont résonné plus de deux heures mercredi 27 août 2025 devant le siège de la CADEMA, la Communauté d’agglomération de Dembeni-Mamoudzou, à Mayotte. Près de cinquante salariés de la société RSP Sécurité, accompagnés de leur dirigeant Stéphane Labache, se sont rassemblés pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires depuis cinq mois dans un contexte rendu encore plus pressant avec la rentrée scolaire. « Nous sommes fiers d’être des opérateurs de sécurité sur le territoire mais d’être aussi indirectement des opérateurs du service public de l’Éducation nationale », explique Stéphane Labache.
Des factures impayées depuis février
Une double crise, sociale et d’ordre public avec une cause : aucune facture n’a été réglée par la CADEMA depuis février 2025, malgré l’exécution régulière des missions de sécurisation et de prévention des transports confiées dans le cadre d’un marché public, selon RSP Sécurité et ses avocats, Me Garrouste et Me Bernardini, avocats au barreau de Paris, venus spécialement sur place trouver une sortie de crise et soutenir les salariés.
La situation est qualifiée par l’entreprise d’« irrégularité totale » vis-à-vis des règles applicables à la commande publique. « Nous travaillons dans le cadre du marché public de sécurisation et de prévention des transports publics, mais nous ne sommes plus payés. Nos familles souffrent, et nous ne voyons aucune volonté politique de régler ce conflit », déplore l’un des salariés, signataire de la pétition réclamant le paiement des prestations. Ils sont 120 dans cette situation, tous employés sur recommandation claire de la CADEMA. « Nous avons fait récemment l’objet de pressions politiques, de tentatives de débauchages, de promesses… la seule condition : se désolidariser, ne pas suivre le mouvement et ne pas critiquer la CADEMA », se désespère un agent de sécurité. Sa fonction : surveiller, sécuriser et prévenir tout risque dans les transports publics de la CADEMA, utilisés, notamment, mais pas exclusivement, par des élèves de l’académie de Mayotte.
Après le 23 septembre, date de la première échéance du marché, « nous risquons de perdre nos emplois définitivement par la faute du président Moudjibou qui semble se préoccuper plus de son image que du sort des salariés mahorais », poursuit ce salarié.
Silence des autorités locales
Durant la manifestation, aucun représentant de la CADEMA n’est venu rencontrer les protestataires. Contacté sur son téléphone personnel, le président de la collectivité, Saidi Moudjibou, est resté injoignable. La préfecture de Mayotte, également interpellée par plusieurs alertes, n’a pas donné suite aux sollicitations du dirigeant de l’entreprise, alors même qu’un décret du 31 juillet 2025 élargit, selon les manifestants, les prérogatives du préfet sur ce type de dossiers sensibles.
Les services déconcentrés de l’État (DREETS, DRFIP, préfecture) ainsi que les cabinets de l’ex-Première ministre Élisabeth Borne et du ministre délégué Thani Mohamed Soilihi — en amont ou à l’occasion de leurs venues sur l’île fin août — ont été alertés « sans succès », déplore la direction de RSP Sécurité.
Matignon saisi du dossier
En revanche, Matignon aurait été informé de la situation lors de la manifestation. D’après les informations recueillies, le collectif des salariés aurait pris attache non seulement avec le cabinet du Premier ministre, mais également avec la ministre du Travail, et s’apprêterait à solliciter l’intervention du ministre d’État Manuel Valls, très engagé sur le dossier de Mayotte.
Dans un contexte national tendu, à moins de deux semaines du vote de confiance prévu le 8 septembre, la pression monte : « Les conseillers de cabinet et les directeurs d’administrations centrales ne peuvent plus ignorer cette crise où l’État semble, jusqu’ici, refuser d’écouter ou d’agir », souligne une source proche du dossier.
Pour les avocats, la responsabilité politique de l’État pourrait être recherchée en cas d’impasse et d’inaction. Le dirigeant de RSP Sécurité l’assure : « J’ai embauché chacun des salariés présents à la demande du président de la Cadema. Je leur dois un salaire. Je me battrai jusqu’au bout pour qu’ils obtiennent leur rémunération », déclare le dirigeant de la société aux côtés de ses employés devant la grille de la CADEMA.
Une collectivité déjà éclaboussée par des scandales
La mobilisation des salariés s’inscrit dans un climat institutionnel territorial marqué par des affaires judiciaires et un climat de suspicion autour des collectivités territoriales de l’île. La CADEMA est déjà visée par plusieurs rapports critiques de la Cour régionale des comptes. Son précédent président a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, assortis de quatre ans d’inéligibilité, pour prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et favoritisme. Récemment, trois rapports visant le Conseil départemental ont accusé celui-ci d’être « un frein au développement » de l’île. Dans ce dossier d’impayés, la CADEMA ne fait pas exception.
Une situation dénoncée comme « un scandale républicain »
Aux côtés de l’entreprise et des salariés depuis plusieurs mois, les avocats Maître Bernardini et Maître Garrouste se disent « scandalisés » par l’absence de réponse de la CADEMA. Ils dénoncent une situation « indigne d’un État de droit » et rappellent qu’« il est inconcevable que des salariés employés dans le cadre d’un marché public par une collectivité territoriale soient laissés sans salaire depuis cinq mois en raison de la faute exclusive de l’ordonnateur. Ce qui se passe à Mayotte ne pourrait pas exister en métropole ». Selon eux, le dossier dépasse le seul cadre social : « C’est un sujet de justice sociale, d’ordre public, mais surtout d’ordre républicain. Paris a désormais la possibilité de pousser la solution d’un règlement rapide de ce conflit. Nous sommes prêts et avons déjà formulé des propositions », insistent-ils.
Le précédent des impayés du printemps
Ce nouveau blocage intervient quelques mois après une crise similaire. Au printemps 2025, plusieurs entreprises locales, confrontées à des retards massifs de paiement de la part de collectivités, avaient menacé de suspendre leurs activités. La situation avait conduit le président de la République, Emmanuel Macron, à intervenir personnellement pour débloquer des fonds et apaiser la colère des acteurs économiques.
Les salariés de RSP Sécurité redoutent aujourd’hui que la même inertie ne replonge à nouveau l’économie mahoraise dans une spirale sociale et politique.
Offensive judiciaire et nouvelle mobilisation
Face à l’impasse, RSP Sécurité a multiplié les actions en justice : un référé provision a été déposé devant le tribunal administratif en juin, suivi d’un recours préalable indemnitaire et d’une plainte contre X pour intimidations, appels malveillants et menaces. Les salariés, réunis en collectif, annoncent la création prochaine d’une association déclarée en préfecture afin d’amplifier et poursuivre leur mobilisation. « Nous reviendrons faire le siège de la CADEMA tant que nos droits ne seront pas respectés et nous irons à la rencontre de toutes les autorités compétentes », préviennent-ils.
À Kuala Lumpur, lors du deuxième Sommet international des chefs religieux, le préfet du dicastère pour le Dialogue interreligieux du Saint-Siège exhorte les responsables spirituels à être des bâtisseurs de la paix. Dans un contexte marqué par les conflits et les inégalités, il rappelle l’urgence d’unir les croyants autour du pardon, de la vérité et du bien commun.
C’est par le biais d’un message vidéo que le Souverain pontife a remercié la province de Saint -Thomas-de-Villeneuve des États-Unis, de lui avoir remis la médaille de Saint-Augustin. L’occasion pour le Pape augustin de revenir sur l’exemplarité d’un des grands fondateurs du monachisme.
Le Pape a reçu ce jeudi matin une délégation d’élus du diocèse de Créteil, accompagnés par leur évêque, Mgr Blanchet. Entre difficultés d’afficher sa foi dans ses responsabilités publiques, défis au quotidien dans des territoires parfois difficiles, ces hommes et femmes politiques de terrain ont reçu les encouragements et les conseils du Saint-Père qui les a exhortés à approfondir leur foi, et à défendre avec conviction la doctrine sociale que Jésus a enseigné au monde.
L’écologie politique d’extrême gauche est le pire ennemi de l’écologie. Décroissance et techno-pessimisme éloignent les citoyens raisonnables d’une cause pourtant universelle.
Il me semble qu’un double constat s’impose à nous. Le combat écologique n’a jamais été aussi nécessaire d’une part, il n’a jamais inspiré un tel sentiment de répulsion de l’autre. Écolos politiques et autres « protecteurs de la planète » d’extrême gauche s’en plaignent régulièrement, invoquant un puissant «backlash » (contrecoup) contre l’écologie. Leur diagnostic est excellent… sauf qu’ils sont responsables de la maladie. Les gens ne détestent pas l’écologie, ils détestent cette écologie idéologique et les tensions dans la société créée par celle-ci. À sa décharge, il n’existe pas d’alternative. Devant des avancées quasi inexistantes, notamment concernant la lutte contre le réchauffement climatique, il devient urgent que l’écologie soit représentée autrement.
Dauphins et migrants
Si un combat mérite d’être transversal, c’est bien celui-ci. Pourtant la gauche et l’extrême gauche jouissent d’un monopole recherché et obtenu sur l’écologie. Dans la lignée du slogan « L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage », du syndicaliste brésilien Chico Mendes, les écolos politiques français n’ont jamais perdu une occasion d’exclure de leur combat toute personne qui aurait l’outrecuidance de porter des couleurs politiques différentes. Dernièrement, Marine Tondelier expliquait sur un plateau télé que pour elle « très clairement, l’écologie ne pouvait pas être de droite » en justifiant qu’être écolo impliquait forcément « de ne pas se foutre des migrants ». La très médiatisée militante écolo Camille Etienne tenait un discours remarquablement similaire au micro de France Inter en expliquant refuser « totalement et complètement une écologie plus conservatrice » au motif très modéré que celle-ci serait une « écologie raciste » qui œuvrerait « pour sauver les dauphins dans la Méditerranée mais y laisser mourir les migrants ».
Le seul militant écologiste médiatisé à ne pas briller par une telle intolérance et un tel sectarisme est à ma connaissance Hugo Clément, qui a accepté de polémiquer sur l’écologie avec Jordan Bardella car, selon lui, « il faut parler d’écologie tout le temps, partout et à tout le monde ». C’était en 2023. Son camp ne lui a toujours pas pardonné.
Ce réflexe d’exclusion s’explique en vérité assez facilement par les objectifs politiques de ces militants : bien plus que de faire avancer l’écologie, leur but est de faire reculer le capitalisme. C’est à mes yeux l’essayiste français Ferghane Azihari[1] qui explique le mieux ce phénomène. Selon lui, l’écologie politique est avant tout une critique de la société industrielle et de la société moderne. M. Azihari ajoute que lorsque le marxisme dominait l’imaginaire collectif de la gauche, on accusait le capitalisme de paupériser les masses. Puis, les masses européennes ayant commencé à s’enrichir, on a alors commencé à dire que le capitalisme occidental puisait sa prospérité au détriment du tiers-monde. Et lorsque la mondialisation a commencé à enrichir toute l’humanité, là, c’est l’espèce humaine qu’on a accusé de détruire l’environnement. Selon Azihari, cet imaginaire de la nature qu’il faut absolument délivrer de l’emprise humaine, a aussi l’avantage pour ses militants de se recouper avec le rejet des sociétés modernes et bourgeoises.
Déconfiture
On notera au passage que si cet anticapitalisme acharné, déjà largement minoritaire au sein de la population, n’est en rien fédérateur, il n’en est que plus répulsif lorsque ses partisans se font prendre les doigts dans le pot de confiture du système. Ainsi, je ne crois pas que le LFIste Antoine Léaument rende un très grand service à la lutte pour la protection de la planète en accusant, Apple watch au poignet, le capitalisme d’être le responsable des dernières canicules en France… Idem concernant les indiscrétions révélant que des militants écolos tels que Camille Etienne ou le chroniqueur écolo-révolutionnaire de France Inter Cyril Dion demanderaient jusqu’à 7000 euros de l’heure pour une conférence sur l’écologie[2]. Enfin, on excusera ma naïveté, mais je m’étonne toujours autant qu’un média comme Blast, défendant une écologie d’ultra gauche en déclarant la guerre au capitalisme et au système puisse accepter de bénéficier de plus de 31 5000 euros de subventions publiques sur une année[3].
DR.
Même chose pour l’Académie du Climat, dépendant de la mairie de Paris, qui diffuse complaisamment sur ses réseaux sociaux des vidéos de Guillaume Meurice appelant à remplacer le capitalisme. J’affirme d’ailleurs que si mon aimable lecteur n’a probablement jamais mis les pieds à l’Académie du Climat, c’est davantage parce qu’il a intégré qu’il y serait exposé à une telle idéologie que par un désintérêt a priori sur les questions climatiques ou environnementales. On notera au passage que la tartufferie écologique a atteint un niveau inégalé avec l’épisode des flottilles pour Gaza. Pour rappel, des militants d’extrême gauche, dont beaucoup étaient très impliqués dans le combat pour la protection de l’environnement (et dans le cas de Greta Thunberg, une véritable héroïne mondiale du climat) se sont livrés à un exercice médiatique en prétendant vouloir tenter de briser le blocus maritime. Tout en sachant pertinemment que l’issue d’une telle entreprise serait d’être interpellés par la marine israélienne, les militants à bord tels que l’eurodéputée Emma Fourreau (qui a créé une association de protection des océans) n’ont pas hésité à jeter ordinateurs portables et smartphones dans la mer pour que ceux-ci ne puissent être saisis. Fourreau a même revendiqué ce geste hautement écolo sur son compte Twitter[4]. Si des militants écologistes sont capables de montrer l’exemple d’une telle trahison et d’un tel désintérêt pour cette cause, comment attendre autre chose du grand public ?
Décroissance
Le repoussoir idéologique ne s’arrête pas là. Puisque le capitalisme est désigné par ces écologistes gauchisants en coupable du réchauffement climatique, la solution qu’ils prônent est bien logiquement la décroissance. Ainsi, une autre coqueluche de l’écologie française, l’astrophysicien, philosophe et militant radical Aurélien Barrau a osé proférer que si l’homme parvenait à découvrir une « source d’énergie propre et infinie », telle que la fusion nucléaire, ce serait « la pire des situations pour notre avenir commun ». Ce techno-pessimisme, largement répandu chez les écolos politiques et notamment par le biais de scientifiques militants (qui devraient inspirer le même degré de confiance que les journalistes militants), s’explique aisément : les avancées technologiques constituent sans doute la plus grande menace à leur agenda politique. C’est principalement la technologie qui pourrait venir contrarier leurs plans de changements sociétaux radicaux. Avec une certaine sournoiserie, le programme politique d’EELV est un soutien feint et sélectif à la technologie pour attirer un électorat modéré. Il affiche une ambition « verte et sociale », mentionnant l’innovation pour la transition écologique, mais ce soutien est strictement circonscrit aux énergies renouvelables et à des applications low-tech ou régulées. Aucune mention positive d’autres avancées high-tech (comme l’IA pour la modélisation climatique, les biotechnologies agricoles ou la capture de carbone). Qu’on ne s’y trompe pas : derrière un leurre progressiste, EELV a une ambition radicale, anticapitaliste et décroissante, à l’instar de ses médias amis tels que Blast ou Reporterre, qui défendent une écologie d’extrême gauche.
Ce rapport biaisé et idéologique envers la science se retrouve notamment dans les positions d’une partie des écologistes politiques vis-à-vis du GIEC. Ceux-ci réussissent le tour de force d’ériger ses rapports en nouvelle religion révélée en interdisant à leurs adversaires politiques d’en dévier d’un millimètre et de les considérer comme trop alarmistes tout en s’arrogeant le droit et privilège de les trouver trop optimistes. Une science forcément sacrée pour les gueux mais contestable pour nos écologistes aristocrates. Comment ne pas y voir un nouvel exemple d’instrumentalisation de l’écologie à des fins idéologiques et politiques ? Comment ne pas trouver les représentants actuels de l’écologie parfaitement repoussants ?
Jusqu’à quand ne leur opposerons-nous pas un contre-discours transpartisan, désintéressé, honnête, techno-optimiste et portant les mêmes valeurs que la majorité du peuple ?
Le cardinal Secrétaire d'État a présidé mercredi 27 août, à Rome, dans la basilique Saint-Augustin, la messe en la mémoire liturgique de la mère de l'évêque d'Hippone. Dans son homélie, il a évoqué les mères dont les enfants «sont perdus dans l'abîme de la drogue», sont «sans travail», «en prison» ou «à la guerre».
Dernières nouvelles de la militante palestinienne Ahed Tamimi
Le pogrom du 7-Octobre a été si vite oublié au profit de la sympathie universelle pour les Palestiniens, que l’icône internationale Ahed Tamimi n’a pas eu le temps d’y recycler sa gloire.
Exemple, modèle, emblème, égérie, symbole, icône …
L’AFP avait fait d’elle une idole, France 24 l’avait sacrée icône, elle avait été l’invitée vedette de la Fête de l’Huma en 2018 et le site américain Greenleft (la gauche verte) l’avait adoubée « Rosa Park palestinienne ».
A Ramallah, le cacochyme président-à-vie-élu-pour-4-ans-en-2005 l’avait accueillie en fanfare dans son palais présidentiel et il avait commandité à son agence de communication personnelle, nommée Wafa, un compte-rendu de la visite tout en retenue et en omissions :
« Le président de l’Etat de Palestine, Mahmoud Abbas, a reçu dimanche l’adolescente palestinienne, Ahed Tamimi et sa famille au siège présidentiel à Ramallah, après sa libération et celle de sa mère, des prisons israéliennes après huit mois d‘incarcération. Le président a vanté Ahed et l’a décrite comme un modèle de la lutte palestinienne pour la liberté et l’indépendance. Il a souligné que la résistance non-violente qu’incarne Ahed a prouvé que c’est une arme idéale et vitale face à la répression de l’occupation israélienne. »
Ahed Tamimi avait été arrêtée et jugée deux fois par Israël. La première fois, en 2018, une agression aggravée, l’obstruction contre un soldat en service, des jets de pierre et des incitations à la violence multipliées par ses 270 000 followers sur Facebook lui avaient valu huit mois de prison. Elle les avait mis à profit pour suivre des cours de cuisine et prendre 20 kilos. La deuxième fois, un mois après le 7-octobre, c’était pour un appel au meurtre encore plus gore: « Vous vous direz que ce que vous a fait Hitler était une plaisanterie, nous boirons votre sang et nous vous mangerons le crâne. »
Cette déclaration avait enchanté la députée française Ersilia Soudais, qui y avait puisé une inspiration quasi-shakespearienne : « Il faut que cessent les arrestations massives de Palestiniens en Cisjordanie ! » Arrestations massives ou arrestation singulière d’une incitatrice au meurtre de masse ?
Loin des projecteurs, loin du cœur
Pour se maintenir devant les projecteurs, le président Macron va reconnaître un État palestinien en septembre. Comme si les refus précédents des Autorités palestiniennes successives n’avaient pas largement démontré que les Palestiniens ne voulaient pas d’un État de plus, mais d’un État de moins…
Petit rappel historique :
REPONSES PALESTINIENNES AUX OFFRES 2 ÉTATS POUR 2 PEUPLES
1937
1947
1967
2000
2001
2005
2008
2020
Commission Peel
Partition ONU
3 Non de Khartoum
Camp David
Négoc° Taba
Retrait Gaza
Offre Olmert
Deal Trump
NON
NON
NON
NON
NON
NON
NON
NON
Comme si le Hamas, lui, ne s’en tenait pas exclusivement à sa charte, dont les statuts stipulent de tuer les juifs jusqu’au dernier (chapitre 1, article 7) et de conquérir tout le territoire d’Israël, commodément renommé LA Palestine. Cela vaut pour toutes les terres jamais foulées au pied par un musulman (chap. 3, art. 11). De ce fait, pour le Hamas, les « conférences et autres négociations visant à une solution » sont une perte de temps et un « arbitrage insupportable des infidèles sur la terre des musulmans » (chap. 3, art. 13).
Mais Macron se fiche des Palestiniens comme de son premier polo. Il aime tout ce qui parle de lui, même en mal. Cela tombe bien, car il collectionne avec constance les pires indices de satisfaction jamais sondés dans notre pays.
Ce qui vaut pour Macron vaut pour l’e-conne
L’art de la politique, tel que pratiqué à l’Élysée, est de prétendre vouloir lutter contre l’antisémitisme tout en l’alimentant efficacement par des déclarations incendiaires contre Israël. Il s’agit de bien montrer qu’on ne confond pas Juifs et sionistes, ni islam et islamisme et encore moins nazisme et nazis.
Ainsi peut-on cracher sur les « sionistes » avec la même haine qu’on le faisait sur « les juifs parasites » dans les années 1930. Et utiliser le mot « génocide » non pas pour qualifier le pogrom qui a tué 1200 civils israéliens avec la barbarie que les criminels eux-mêmes ont diffusée en temps réel, mais pour accuser ses victimes d’en pratiquer un contre leurs agresseurs. La condition sine qua non de la conscience immaculée est le padamalgam entre les juifs français et tous les autres, qui sont des « colons sionistes ».
Hélas, la résistance non violente incarnée a porté un coup dur à cette schizophrénie élyséenne : « Depuis mon enfance, j’ai toujours considéré que le judaïsme et le sionisme étaient la même chose », a-t-elle confié en toute intimité à un podcast en arabe, diffusé début août 2025. Sur sa lancée, elle a précisé : « Nous combattons les Juifs, pas le sionisme. (…) Les Occidentaux nous soutiennent avec leur aide, ils continueront, qu’ils le veuillent ou non et nous ne les remercierons pas. »
Elle n’a pas les pudeurs de vierge de l’Occident pour séparer le grain des gentils de l’ivraie des méchants : « Le monde entier devrait la fermer quand un Palestinien prend la parole. (…) Nous sommes supérieurs au reste du monde, car nous sommes les seuls à combattre l’injustice, au prix de nos vies et de notre humanité ». La partie adverse n’a qu’à la fermer elle aussi : « le judaïsme est une occupation. »
Sa conclusion est suicidaire mais, à sa décharge, elle n’est pas la seule à être pilotée par un narcissisme surgonflé : « J’en suis arrivée à souhaiter une Troisième Guerre mondiale. Qu’ils larguent des bombes nucléaires, qu’ils détruisent le monde entier, pour que les Palestiniens ne soient pas les seuls à souffrir. » Plutôt faire exploser la planète que laisser le peuple juif[1] s’autodéterminer sur son petit coin de Moyen-Orient. 22 072 km2 au milieu de 13 millions de km2 arabes, c’est insupportable !
Quelles réactions françaises aux dernières déclarations d’Ahed Tamimi ?
Accusés, à l’insu du réel, de posséder les gouvernements et les médias, les Juifs semblent pourtant seuls à connaître certaines infos. On en veut pour preuve le fait que la recherche sur Google[2] des réactions françaises aux récentes déclarations de la Rosa Parks palestinienne est un échec. Zéro déclaration officielle et seulement quatre retombées : i24News, média francophone israélien cité trois fois, un article sur un média « communautaire » (traduire : « sioniste ») et un post Instagram… Libé, Le Monde et autres médias mainstream sont encore à l’heure d’hiver 2023, quand l’égérie de la lutte anti-Juifs avait été libérée après un mois d’incarcération, dans un échange de trois prisonniers par otage.
[1] En 2025, il y a environ 15 millions de Juifs dans le monde, dont 8 millions en Israël. La population israélienne atteint les 10 millions, dont 2,2 millions d’Arabes musulmans et chrétiens.
L’année dernière, le prof de sport Julien M. a dû jongler entre idéologie et réalité. Malgré la circulaire Blanquer de 2021, un élève trans, reconnu comme un garçon par sa famille, a posé des casse-têtes très concrets dans les vestiaires et pour les barèmes du baccalauréat, tout en déclenchant tensions, insultes d’autres élèves et menaces parentales. Alors que la transidentité bénéficie d’une intense promotion dans les médias, l’Éducation nationale doit bricoler.
En son temps, Alexis de Tocqueville, grande voix de la philosophie politique libérale, débusquait dans le régime démocratique le risque de l’émergence plus ou moins sournoise d’un « empire moral de la majorité » que prolongerait dans les faits la tyrannie, la dictature de cette même majorité.
Là où il se trouve désormais, ce cher Tocqueville peut dormir sur ses deux oreilles car, dans la démocratie telle que nous la vivons (ou la subissons) aujourd’hui chez nous, ce serait plutôt à un « empire moral » et à une tyrannie des minorités que nous aurions affaire.
Ce qui suit en est, semble-t-il, la parfaite illustration.
Migraines
Il y est question de l’extrême embarras dans lequel se trouvent plongés nos enseignants ayant à gérer des élèves transgenres et leurs exigences, exigences que le culte actuel de la prévalence minoritaire a tôt fait de décréter irréfutablement légitimes et absolument prioritaires. Quitte à générer des situations tellement absurdes qu’elles feraient les délices de ce bon vieux Père Ubu.
Le cas – emblématique – rapporté ici est celui de Julien M., professeur d’éducation physique et sportive (EPS) dans un lycée.
Il s’est trouvé confronté l’an passé, rapporte-t-il, à une « situation assez sensible concernant un élève transgenre, reconnu comme garçon dans son entourage et auprès de ses camarades, mais dont l’état civil n’a pas encore été modifié. » État civil féminin, donc, bien que son changement de prénom soit officiel et mentionné sur sa carte d’identité, alors que, on l’aura compris, le sexe reste, lui, féminin. Ubu, disais-je, mâtiné de Kafka.
La mère de l’élève a insisté dès le début de l’année pour que les équipes pédagogiques « genrent » cet élève de terminale au masculin. Usage du nouveau prénom, etc. C’est également au masculin qu’il est référencé sur Pronote, car parfois l’absurde s’offre un soupçon de logique.
Une logique qui rencontre tout de même assez vite ses limites, puisque la mère, n’étant manifestement pas à un accommodement de genre près, n’allait pas hésiter à demander au professeur d’EPS d’appliquer les barèmes des filles – moins rigoureux – pour l’évaluation au baccalauréat. Le cher ange aurait ainsi de meilleures chances de briller, de récupérer une bonne note. Ah, la merveilleuse, l’inaltérable sollicitude des mamans…
En attendant, le professeur se trouvait à devoir gérer des situations propres à lui flanquer de sacrées migraines. La question des vestiaires par exemple. À la demande de l’élève, on tenta le coup du côté des toilettes des garçons. Mais voilà bien que trois élèves de seconde se cabrent, le virent, l’insultant au passage en raison de sa transidentité. Ni une ni deux, une procédure disciplinaire est aussitôt engagée contre eux. D’où fureur de leurs parents qui, bien évidemment, s’en prennent à l’infortuné professeur. Il est évident que les insultes ne s’imposaient pas et qu’elles sont toujours condamnables. Il est tout aussi clair qu’on ne devrait pas trop s’étonner qu’elles fusent de la bouche d’adolescents se trouvant confrontés à une situation aussi inédite et déstabilisatrice que celle-ci. Toujours aussi clair, également, qu’un effort pédagogique bien compris serait de beaucoup préférable à une procédure disciplinaire dont la seule utilité est, à l’évidence, de donner bonne conscience à la hiérarchie de l’Éducation nationale, d’ailleurs tout aussi déboussolée devant ce genre de cas que ne le sont les professeurs, en première ligne quant à eux.
Inversion radicale
La solution du problème vestiaire a été apportée par l’infirmière du lycée acceptant que l’élève vienne se changer à l’infirmerie. Un pis-aller. Une respiration. On souhaite néanmoins bon courage pour la suite à l’enseignant, ainsi qu’à ses collègues en butte aux mêmes difficultés.
Le problème de la transidentité n’est pas nouveau. De temps immémoriaux il y a toujours eu des individus, jeunes et moins jeunes, qui se sont sentis d’un autre sexe que celui qui leur était officiellement attribué. Bien entendu, ces personnes ont très évidemment droit au même respect qu’on doit à tout être humain. Absolument, rigoureusement. Cela ne supporte aucune discussion. Ce qui est nouveau en revanche, c’est bel et bien le fait aberrant évoqué au début, l’émergence d’un « empire moral » et donc d’une dictature de la minorité. Autrement dit l’inversion radicale de l’obligation d’adaptation. C’est désormais à l’ultra majorité de se soumettre à l’ultra minorité. Ce que, cela soit dit en passant, nous nous garderons bien d’oublier lorsque nous autres, mâles blancs dramatiquement hétérosexuels, seront devenus cela, ultra minoritaires dans le paysage. On devrait alors bien rigoler, je pense…
Au Zimbabwe, les autorités en sont arrivées à abattre des éléphants d’une réserve du sud du pays pour distribuer de la viande à une population régulièrement en situation de malnutrition. On soupçonne le commerce d’ivoire de reprendre au profit de certains. Nos écolos nationaux ne sont pas au courant.
Jadis surnommé le « grenier à blé de l’Afrique », le Zimbabwe, pays enclavé entre la Zambie, le Mozambique et l’Afrique du Sud, est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres au monde : selon la Banque mondiale, 39% de la population y vit avec moins de deux dollars par jour.
Depuis 2000, année où le dictateur défunt Robert Mugabe a lancé une politique de racisme systémique envers les Blancs dans le domaine agricole, l’économie du pays n’a cessé de s’effondrer au point qu’aujourd’hui, 38,1% des Zimbabwéens sont en situation de malnutrition, selon l’indice de la faim dans le monde. Pour enrayer les famines à répétition qui rabougrissent près d’un enfant de moins de cinq ans sur quatre, Emmerson Mnangagwa, ancien bras droit de Mugabe et président du pays depuis 2017, a eu une idée forte : abattre 50 éléphants d’une réserve du Sud et distribuer la viande à la population locale. Si la nouvelle a été bien accueillie par cette dernière, elle n’est pas du goût des associations de défense des bêtes. « Les éléphants du Zimbabwe ne sont pas un surplus de biomasse à éliminer par commodité », s’est insurgé le Centre pour la gouvernance des ressources naturelles, voyant dans la distribution de viande fraîche « un effort voilé pour distribuer des stocks d’ivoire ». Il faut dire qu’en septembre 2024, le gouvernement avait cogné encore plus fort en faisant abattre 200 éléphants pour faire face à une pénurie alimentaire gargantuesque provoquée par la pire sécheresse depuis des décennies en Afrique australe.
Trop occupés à traquer les mangeurs d’entrecôtes ou les tueurs de moustiques, Sardine Rousseau et Aymeric Caron, nos grands défenseurs de la cause animale, s’étaient abstenus de commenter.
Cette nouvelle frappe les fera-t-elle réagir ? En tout cas, elle ne suffira pas à faire rebrousser chemin aux milliers de Zimbabwéens qui tentent d’entrer chaque jour dans l’Eldorado sud-africain dans l’espoir d’une vie meilleure.
Dans un télégramme signé par le cardinal Secrétaire d'État Pietro Parolin, Léon XIV exprime ses condoléances pour la «terrible tragédie» survenue à Minneapolis, aux États-Unis. L'attaque a eu lieu pendant la messe dans l'église située à l'intérieur du complexe scolaire. Les coups de feu tirés à travers les vitres ont causé la mort de deux enfants et blessé 17 personnes.
Répondant aux questions des journalistes en marge de la messe à la mémoire liturgique de Sainte Monique, célébrée dans la basilique Saint-Augustin à Rome, le cardinal Secrétaire d'État du Saint-Siège a exprimé, suite à l'appel du Pape, le souhait d'éviter «une punition collective» au Proche-Orient, en parvenant à un cessez-le-feu et à un «accès sûr» à l'aide humanitaire.
Un homme armé a fait irruption dans le complexe de l'église et de l'école catholique de l'Annonciation. Le bilan de l'attaque fait état de deux enfants tués et 14 blessés.
Afin de «restaurer la paix, la cohésion nationale, le vivre-ensemble ainsi que consolider le droit démocratique dans leur pays», les confessions religieuses de la RDC ont rendu publique, le lundi 25 août 2025, leur feuille de route qui balise le chemin d’«une sortie holistique et durable du cycle tragique des conflits armés». Dans une interview accordée aux médias du Vatican, le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, revient sur la spécificité de cette démarche.
L’archevêque émérite de Cotonou et ancien président de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), Mgr Antoine Ganyé, a célébré 30 ans d’épiscopat le 20 août 2025. A cette occasion, il a publié trois livres essentiellement nourris de ses homélies, de 1995 à 2025. Le prélat y rappelle la nécessité pour les prêtres de préserver leur sacerdoce «dans un monde de banalisations».
La 6e édition des Journées nationales de la jeunesse catholique s’est achevée le dimanche 24 août par une messe solennelle célébrée sur l’esplanade de la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro. Dans son homélie, Mgr Marcellin Yao Kouadio, évêque de Daloa et président de la Conférence épiscopale ivoirienne, a exhorté les dizaines de milliers de jeunes présents, à devenir des «Floribert» de leur temps.
Le curé et les autres religieux de la paroisse de la Sainte-Famille à Gaza choisissent de continuer à «servir ceux qui sont dans le besoin, les personnes âgées, les malades». «La guerre se poursuit et les bombardements ne cessent pas, les gens ont besoin de tout», déclare le curé aux médias du Vatican. Mais ajoute-t-il, «nous sommes entre les mains du Seigneur et nous avons confiance qu'avec l'aide de nombreuses personnes de bonne volonté dans le monde, cela s'arrêtera».
Plus de 15 mille jeunes catholiques ivoiriens et ouest-africains ont vécu un grand moment de fraternité et de partage autour du Christ. C’était à l’occasion des 6e Journées nationales de la jeunesse, JNJ de Côte d’Ivoire qui se sont refermées dimanche 24 août dernier à la basilique Notre-Dame de la paix de Yamoussoukro. Au-delà de toutes barrières politiques, ces jeunes catholiques entendent être des artisans de paix, d’espérance et des bâtisseurs des ponts d’unité entre les différents peuples.
«Le pays progresse lentement mais sûrement vers la normalisation». Le vicaire apostolique d'Alep explique aux médias du Vatican le rôle que jouent les chrétiens dans la reconstruction du pays. «Ici, nous sommes le sel de la terre», affirme t-il.
À l’issue de l’audience générale mercredi 27 août, Léon XIV a renouvelé son appel à la fin du conflit en Terre Sainte. Il demande la libération des otages, un cessez-le-feu permanent, l’entrée de l’aide humanitaire et le respect du droit humanitaire qui condamne l’usage indiscriminé de la force et le déplacement forcé des populations. Le Saint-Père s’associe ainsi à la déclaration des patriarches grec-orthodoxe et latin de Jérusalem qui exigent la fin de la violence dans la bande de Gaza.
Saint-Augustin, fêté le 28 août, a traversé les plaisirs du monde avant de devenir un pilier de la foi chrétienne. Découvrez sa vie, sa pensée et son message.
L’espérance chrétienne n’est pas une fuite mais une décision. C’est le sens de la catéchèse de Léon XIV ce mercredi 27 août lors de l’audience générale en salle Paul VI au Vatican. Le Pape est revenu sur l’épisode de l’arrestation de Jésus narré dans l’évangile de Jean. Le sacrifice du Christ, qui sait qu’il est condamné, est un authentique acte d’amour a expliqué le Saint-Père.
Charles Rojzman identifie les éléments musulmans et chrétiens qui, de manière totalement contradictoire, ont contribué à la construction d’un crédo absurde, le « palestinisme ».
Le palestinisme n’est pas une idéologie, ni même une politique : c’est une religion de substitution, née de la fatigue spirituelle de l’Occident et de la soif de revanche du monde islamique. Religion sans transcendance, mais saturée de sacré, enracinée dans deux imaginaires qui se rejoignent dans la haine : Khaybar et Golgotha.
Khaybar : le mythe islamique de la défaite juive
On crie encore, dans les rues de Paris ou de Londres : « Khaybar, Khaybar, ya Yahoud ! » — ce rappel du VIIᵉsiècle où Mahomet écrasa les tribus juives d’Arabie. C’est une blessure devenue promesse : le Juif, rusé, intelligent, maudit, finit toujours par plier. Khaybar n’est pas une page d’histoire, c’est une cicatrice théologique. Or Israël, souverain, armé, victorieux, est une insulte à cette cicatrice. Le palestinisme vient laver l’affront, en promettant la revanche et le retour à l’ordre divin.
Golgotha : le modèle chrétien de la culpabilité juive
Dans la mémoire chrétienne, c’est la Crucifixion qui reste l’événement fondateur : le Christ supplicié et le peuple juif tenu pour responsable du déicide. Des siècles d’antisémitisme en furent nourris. La sécularisation n’a pas effacé ce récit : elle l’a seulement transposé. L’Occident, en quête de rédemption, s’est choisi une nouvelle Passion : le Palestinien crucifié par les Israéliens, Christ collectif de notre temps. Dans les images médiatiques, il est toujours l’innocent martyrisé, et Israël, le bourreau.
De Khaybar et de Golgotha naît une liturgie hybride. Dans le premier récit, le Juif doit être remis à sa condition d’inférieur, privé de souveraineté. Dans le second, il demeure coupable d’un crime fondateur, perpétuellement rejoué par l’accusation de génocide.
Ainsi se scelle une convergence improbable entre mémoire islamique et mémoire chrétienne, dans une haine qui traverse les siècles et se réincarne dans la cause palestinienne.
La passion et le refus du réel
Mais le plus troublant n’est pas là. C’est la ferveur passionnelle, l’imperméabilité au réel. Le palestinisme ne supporte pas les faits : il les nie, les contourne, les efface. Il est insensible à toute raison, car il n’est pas de l’ordre de la raison. Ses partisans ne veulent pas discuter : ils ne peuvent pas. Le débat leur paraît une offense, comme il le fut pour les croyants d’autrefois. Douter du récit palestinien, c’est blasphémer. Introduire une nuance, c’est trahir. Le palestinisme est donc une foi : une ivresse sacrificielle, une religion sans dogme mais avec un interdit suprême — celui du questionnement.
L’Occident des demi-sachants et des élites de gauche
Surtout, ce palestinisme ne prend racine en Occident que dans une catégorie particulière : celle qu’évoquait Jacques Ellul dans La Propagande, celle des demi-sachants — ces masses éduquées mais privées de culture, fragiles et crédules, saturées d’images et de slogans. Là se trouve le terreau le plus fertile : ces esprits qui croient penser, mais ne font que répéter.
Mais il est relayé, amplifié, sanctifié par les élites médiatiques et universitaires, marquées par une culture de gauche devenue hégémonique. Ces élites ont hérité de deux traditions qui se sont confondues :
De Marx, elles retiennent le schéma binaire de l’opprimé contre l’oppresseur, du dominé contre le dominateur. Le prolétaire ayant disparu, le Palestinien est devenu son substitut : le dernier des humiliés, le prolétaire absolu, destiné à porter la révolte du monde entier.
Du christianisme, elles retiennent la dramaturgie de la Passion : la nécessité d’un Christ souffrant, victime innocente offerte à la culpabilité du monde. Le Palestinien est alors présenté comme le nouveau Christ, crucifié chaque soir sur les écrans occidentaux par des Israéliens qui rejouent le rôle des bourreaux.
Ce double héritage — marxiste dans la structure, chrétien dans l’émotion — forme la matrice mentale des élites de gauche. Marx sans révolution, christianisme sans salut : une morale nue, obsessionnelle, qui transforme la politique en liturgie humanitaire.
Dans ce dispositif, la propagande palestinienne joue sur deux registres : en arabe, elle exalte la revanche et la conquête, elle promet le retour de l’armée de Mahomet et la victoire sur le Juif. En anglais ou en français, elle propose une Passion séculière : le Palestinien martyrisé par l’oppresseur colonial. Double discours, double masque. Et les demi-sachants occidentaux, nourris de culpabilité et d’idéologie progressiste, y voient une révélation.
Le mensonge comme dogme
Il faut dire que le mensonge — ou plutôt la demi-vérité — est l’arme privilégiée des idéologies du salut, qu’elles soient laïques ou religieuses. Le marxisme avait ses statistiques truquées, ses lendemains qui chantent ; le christianisme dévoyé, ses légendes pieuses et ses falsifications théologiques. Le palestinisme, lui, a ses chiffres gonflés, ses images mises en scène, ses martyrs fabriqués. La propagande vit de ces demi-vérités, car elles séduisent l’esprit sans l’éveiller, elles engourdissent la raison tout en flattant la morale. Elles suffisent à nourrir la ferveur des masses et la bonne conscience des élites.
Une liturgie de haine
Comprendre cela, c’est comprendre pourquoi la cause palestinienne est devenue intouchable, sacrée, hystérique. Elle ne relève pas de la politique, mais de la religion ; non pas du débat, mais du rite. Elle est la messe noire de notre temps, célébrée à Khaybar et à Golgotha, où Israël tient toujours la place de l’ennemi métaphysique, figure éternelle de l’infâme.
François Bayrou, un lanceur d’alerte, vraiment ? Concernant la dette, notre chroniqueur dénonce la duperie du Premier ministre.
François Bayrou, lanceur d’alerte ? C’est ce profil avantageux que le Premier ministre aimerait laisser, sur la question du surendettement public. Lundi après-midi, il a présenté sa décision de solliciter la confiance du parlement, le 8 septembre, comme une audacieuse prise de risque. Le but : réveiller les consciences des Français sur l’état des finances publiques (3345 milliards d’euros de dettes, soit 113,9% du PIB).
Mozart de la Finance ? Plutôt Patrick Sébastien…
À l’entendre, il n’y aurait pas d’autres alternatives que de le suivre ou de laisser le pays sombrer. Bayrou a raison de s’affoler des irresponsables dérives budgétaires. Cependant, qui a mis la France au seuil d’une tutelle du FMI sinon Emmanuel Macron, qu’il soutient depuis le premier jour ? Sous les deux mandats du chef de l’État, les fonctionnaires, déjà pléthoriques, ont augmenté de près de 200.000.
L’immigration d’ayant-droit extra-européens s’est envolée (500.000 entrées par an). Prétextant que ce phénomène de repeuplement serait d’un « coût zéro », le Premier ministre ne l’a pas même mentionné, le 15 juillet, dans son projet d’économie budgétaire de 44 milliards d’euros, promu pourtant comme « un moment de vérité ». Or une étude de juin de l’Observatoire français de l’immigration et de la démographie chiffre à 3,4% du PIB le coût de l’immigration, soit quelque 100 milliards d’euros par an. En cause, le faible taux d’emploi des immigrés en âge de travailler : 62,4 % contre 69,5 % des natifs, selon des chiffres de 2023 issus des données de l’INSEE et de l’OCDE. Bref, Bayrou n’a rien du lanceur d’alerte qu’il prétend être. Il procède par duperie. En désignant les Français comme responsables – car présumés demandeurs de protections – de la fuite en avant dans les dépenses d’État, il confirme l’incapacité du régime macronien à se remettre en question. Seule une rupture avec ce monde faux pourra sauver la nation de son déclin.
Bayrou n’obtiendra vraisemblablement pas la confiance qu’il réclame. Macron ne procédera vraisemblablement pas à de nouvelles élections législatives; il a assuré d’autre part être déterminé à aller au bout de son mandat en 2027. L’oligarchie, accrochée à ses prérogatives, compte durer, coûte que coûte. « Notre pays est en danger », a assuré lundi le Premier ministre en reprenant à son tour, après le chef de l’Etat qui en abuse, le procédé de la panique fabriquée. Or ces alertes occultent le délitement plus général de la cohésion nationale. Ces fractures obligent à une remise en question des solidarités de l’État providence. Pourquoi les Français continueraient-ils à financer ceux qui s’invitent et ne veulent pas s’intégrer ? La société ouverte, promue par le macronisme et le mélenchonisme, produit des désastres économiques, culturels, sociétaux, sécuritaires. L’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, a même été jusqu’à reprocher à Macron, lundi, son « absence d’action suffisante » contre la flambée de l’antisémitisme en France. Le pays subit un système à bout de souffle, incapable de reconnaître ses erreurs. La faute des LR est d’avaliser encore, en restant au gouvernement, un monde dépassé. Une alliance des Républicains avec le centrisme, le 8 septembre, serait l’incompréhensible caution d’un immobilisme[1].
Delacroix n’aurait pas aimé que les restaurations esthétiques altèrent l’harmonie et la vitalité de ses couleurs, trahissant l’esprit et la sensibilité qu’il avait voulu donner à ses œuvres.
Malgré la controverse relative au changement de couleur de la robe (notre illustration en fin d’article) de La Liberté guidant le peuple, survenue après une « remise à niveau esthétique » effectuée entre octobre 2023 et avril 2024, le cycle de restauration des grands formats de Delacroix continue, pour s’achever avec la Prise de Constantinople par les croisés, tableau actuellement restauré au Louvre dans le salon Denon.
Cette initiative doit d’abord être replacée dans le cadre général, si l’on peut dire, de la définition actuelle de l’art, pictural notamment. L’art a en effet changé de nature. « Mon art ne s’adresse plus à la sensibilité rétinienne », disait Marcel Duchamp, « mais va directement au cerveau ». Seule la satisfaction de l’intellect reste alors digne de l’appellation « art ». Héritier de Duchamp, l’art dit « contemporain » est donc un art « conceptuel ». On y apprécie l’idée, et non l’exécution – qu’elle soit bonne ou mauvaise. Conséquence de ce changement de nature, la peinture a progressivement été considérée soit comme une pratique pour amateurs du dimanche, soit comme une langue morte pour initiés. Les musées ont ainsi inévitablement changé de destination : de lieux de formation pour peintres, ils sont devenus des « gisements culturels à exploiter ».
Dépassant le cadre strictement conservatoire, des a priori idéologiques ont-ils été à l’origine de ces restaurations dites « esthétiques » ? Celles-ci ont-elles été biaisées par l’exigence de toucher le plus grand nombre ? Toujours est-il qu’elles sont hautement problématiques… Reprochant à Frédéric Villot, ami et conservateur, d’avoir « tué sous lui »Les Noces de Cana de Véronèse, Eugène Delacroix, déjà, considérait les opérations de dévernissage comme « le plus grand des inconvénients ». Quelle serait sa réaction face aux restaurations visant cette fois-ci ses propres œuvres ? A partir de ses propres écrits, est imaginée ici la lettre ouverte aux successeurs de Villot que l’auteur de La Liberté guidant le peuple aurait pu écrire…
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Lettre imaginaire de Delacroix aux successeurs de Villot
Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier pour vos différents hommages. De l’exposition du Centenaire du romantisme jusqu’à la rétrospective de 2018, en passant par celle de 1963, comment aurais-je pu imaginer un tel honneur lorsque, encore rapin, j’étudiais au Louvre d’après les maîtres et que j’échouais au Prix de Rome ?
Dès 1930, toutefois, se manifesta un phénomène venu d’outre-Atlantique, lorsque vous découvriez ma Mise au tombeau en provenance du musée de Boston, « nettoyée, récurée, luisante comme une toile cirée», ainsi que vous le dénonciez[1].
Comme vous le savez, j’ai beaucoup écrit, au point de laisser des opinions pouvant parfois paraître contradictoires, mais, s’il est un domaine dans lequel ma position n’a jamais varié, c’est bien celui des « ravageurs de tableaux », pour reprendre l’expression de ce brave Silvestre[2].
Aussi m’en étais-je déjà ouvert à l’un de vos prédécesseurs. En effet, Villot s’était avisé de toucher aux Noces de Cana[3]. Je le connaissais, lui et son épouse, et plus intimement encore l’immense tableau de Véronèse pour en avoir copié certaines parties. Cela galvanisait en moi un désir sans cesse grandissant depuis que, lycéen, j’envisageais de devenir peintre.
J’ai su par Balthus que la catastrophe ne s’était pas arrêtée avec Villot. Balthus, pourtant loin d’être isolé[4], avait échoué à enrayer une nouvelle intervention achevée en 1992. Celle-ci a conduit à l’irréparable. Car, contrairement à la musique, où l’interprétation reste distincte de la composition, la peinture mêle les deux, si bien que la partition de Véronèse a en partie irrémédiablement été perdue.
J’apprends que mes propres tableaux subissent maintenant un sort similaire. Comment avez-vous pu penser retrouver ma gamme chromatique dans La Mort de Sardanapale ?
Concernant Les Femmes d’Alger, je n’ose imaginer que vous avez cru que les détails m’importaient. Car ce n’est pas uniquement la couleur qui a été modifiée : les passages, qui englobent dans une même valeur deux éléments distincts, uniquement perceptibles par la différence tonale, ont fortement été atténués, voire disparus. L’accord des valeurs n’est plus le même. L’évaporation des rapports de tons qui, à la manière de Velázquez, donnaient l’illusion d’avoir pu peindre l’air, a abouti à l’impression que ma principale préoccupation aurait été de donner à voir une image, et non l’harmonie.
Pourtant, dans la pénombre d’une église, par exemple, cette musique du tableau apparaît avant même de percevoir le sujet. Cela m’avait particulièrement frappé dans les Rubens de la cathédrale d’Anvers. Lors de ses discours aux étudiants de la Royal Academy, Reynolds recommandait d’ailleurs d’éviter de noyer l’ensemble sous un foisonnement de détails. La propension à se tourner vers la description n’est donc pas nouvelle, mais votre goût des détails et du réalisme perturbe maintenant ma priorité donnée à l’harmonie générale… Que n’ai-je pu achever mon dictionnaire des beaux-arts !
Comme vous, je n’ignore pas le problème posé par le temps. Cela a même été l’une de mes préoccupations constantes. Certains accords sont aussi éphémères qu’une rose : le tableau évolue si rapidement qu’un noir posé la veille, perdant la brillance apportée par l’huile, peut apparaître gris le lendemain – un demi-ton en dessous, comme diraient les musiciens. Les pigments réagissent en effet de manières différentes au séchage, aboutissant à une mosaïque disparate, allant du mat au brillant. Le vernis donne ainsi une unité à cette mosaïque plus ou moins embue, réajustant notamment les noirs devenus mats.
Néanmoins, cette solution n’est guère satisfaisante. Comment pouvais-je imaginer que de mon vivant même, mes propres Massacres de Scio allaient subir un dévernissage comparable à celui du grand Véronèse[5] ? Il aurait fallu trouver un vernis impossible à enlever[6] ! Ou alors, ne pas vernir aurait finalement été préférable, cependant, la contrainte de me distinguer au Salon m’a poussé vers cet artifice[7]…
Le vernis peut jaunir, certes, mais l’huile employée pour la pose des glacis également, tandis que la couleur évolue. Le tableau gagne alors en unité de tons ce qu’il perd en vivacité. Vous n’y pourrez rien : la couleur ne redeviendra jamais telle qu’elle était lorsque je l’ai posée.
Nous ne pouvons donc qu’imaginer les tableaux de Titien ou de Véronèse lors de leur achèvement, et vous n’avez aucune idée de l’intensité de mes rouges lorsque j’ai présenté mon Sardanapale au Salon. Le phénomène est connu. Reynolds mettait d’ailleurs en garde sur le fait qu’il était impossible de voir les portraits de Titien ou de Van-Dyck tels qu’ils avaient été peints. Néanmoins, par son utilisation d’un jaune exacerbant la couleur, il lui paraissait évident que Titien était bien plus coloriste que Van-Dyck. Par delà la patine, le chromatisme du Vénitien le distinguait du Flamand [8] – ce que ce pauvre Villot n’a jamais réussi à comprendre[9].
Aussi ce que vous appelez « remise à niveau esthétique » a-t-il malheureusement consisté à dévitaliser ma gamme chromatique. Contrairement aux portraits exécutés par mon oncle Riesener, je renforçais en effet les tons de mes blancs par du jaune, procédé observé chez les Vénitiens. L’école anglaise avait parfaitement intégré ce principe ; dans la lignée de Reynolds, elle se montrait bien plus coloriste que l’école française et, d’ailleurs, impressionné, Géricault nous en parlait à son retour de Londres[10].
Certes clinquants, mais récurés, affadis, dépouillés de leur principe actif, Les Massacres de Scio, Les Femmes d’Alger, La Mort de Sardanapale et La Liberté guidant le peuple – dont la grisaille que j’avais posée en sous-couche pour la robe vous est apparue comme une révélation[11] ! – sont devenus aussi froids que le portrait de ma sœur par David[12]…
Aussi, je vous en conjure : épargnez la Prise de Constantinople par les croisés !
Ci dessous, La Liberté guidant le peuple avant et après restauration. Photo : Etienne Trouvers
[1] René Huyghe : « Après l’exposition Delacroix », in Revue des Musées de France, 2ème année, n°11, novembre 1930, p.242 : « Je songe à la Mise au tombeau de 1848, que nous a envoyée Boston, avec sa magnifique Chasse au lion, mais récuré, luisant comme une toile cirée ».
[2] Critique d’art, admirateur du maître qu’il fréquentait, Théophile Silvestre évoquait l’emploi du copal utilisé un certain temps par Delacroix, visant à rendre sa peinture « inattaquable aux ravageurs de tableaux » : La Galerie Bruyas, 1876, p.275.
[3] « Le grand Véronèse, que ce malheureux Villot a tué sous lui. » Eugène Delacroix : Journal, 12 octobre 1853.
[4] Sollicité par l’ARIPA (Association pour le Respect et l’Intégrité du Patrimoine Artistique), créée en 1992 par Etienne Trouvers et présidée par Jean Bazaine, Balthus en était un soutien actif.
[5] Selon le critique d’art Arnoux, annonçant la nouvelle à Delacroix le 27 juin 1854, comme le note ce dernier dans son Journal : « Il dit que le Massacre n’a pas gagné au dévernissage […]. Le tableau aura perdu la transparence de ses ombres comme ils ont fait avec le Véronèse et comme il est presque immanquable que cela arrive toujours. »
[6] « Vernis. (Leurs effets funestes) », note Delacroix dans son Journal le 11 janvier 1857, le lendemain de son élection à l’Institut. Amorçant alors un Dictionnaire des beaux-arts, il précisait : « Il faudrait que les vernis fussent une espèce de cuirasse pour le tableau, en même temps qu’un moyen de le faire ressortir. »
[7] « Il serait à souhaiter qu’on ne vernît jamais. Nos descendants auraient sans doute une idée plus exacte de nos tableaux ; mais comment résister au désir de donner à ses contemporains la meilleure opinion possible de soi et de ses œuvres ? » Eugène Delacroix : Lettre à Dutilleux du 8 août 1853.
[8] « Mieux vaut supposer ce blanc éclairé des rayons jaunes du soleil couchant, comme c’est la méthode de Titien. » Joshua Reynolds : Huitième discours sur la peinture, prononcé à la distribution des récompenses, Londres, 10 décembre1774.
[9] « On a vu pendant si longtemps les tableaux du Louvre couverts de crasse et de vieux vernis superposés, qu’on a fini par regarder le jaune comme couleur favorite des grands maîtres et le principe fondamental d’un coloris puissant », affirmait Villot dans l’Annuaire des artistes et des amateurs, 1860, p.268.
[10] « L’exposition qui vient de s’ouvrir, m’a plus confirmé encore qu’ici seulement on connaît ou l’on sent la couleur et l’effet. » Théodore Géricault : courrier adressé de Londres à Horace Vernet le 6 mai 1820, évoquant l’exposition de la Royal Academy.
[11] Les glacis de laque jaune qui recouvraient cette grisaille étaient signalés en 1982 à l’occasion d’une expo-dossier organisée par Hélène Toussaint. « Le jaune, principalement peint en surface n’est pas fait avec un pigment opaque mais avec une laque soit intimement mêlée à du blanc pour obtenir un jaune pâle, soit déposés en glacis transparents. Cette technique est particulièrement utilisée dans les vêtements de la Liberté » : « Étude au laboratoire de recherche des musées de France, examen pictural », La Liberté guidant le peuple de Delacroix, Edition de la Réunion des Musées Nationaux, 1982, p.72.
[12] « Tout est égal ; l’intérêt n’est pas plus dans la tête que dans les draperies ou le siège. L’asservissement complet à ce que lui présentait le modèle était une des causes de cette froideur. » Eugène Delacroix : Journal,25 février 1857.
Ces dernières années, la collection « Cartoville » de Gallimard se démarque de ses concurrents Lonely Planet et Le Routard en proposant des petits guides cartonnés centrés sur des cartes claires et pratiques, conçus pour être utilisés directement sur place et quartier par quartier, ce qui correspond parfaitement aux voyages courts et spontanés d’aujourd’hui.
Tête de gondole de Gallimard Loisirs, Cartoville fête son quart de siècle. Avec deux nouveaux titres cet été : Bonifacio et Tirana. Et Liège, annoncé pour septembre. Il y a quelques mois, Memphis était mise à l’honneur. Paru en avril 2024, un guide Grand Paris a même débordé le périphérique. Un guide Turin est également sorti récemment. Sans compter les rééditions constamment remises à jour. S’il faut regretter quelques absences notables – par exemple La Havane ou Sao Paulo – Cartoville couvre environ 120 destinations. Autant dire que le fameux guide de poche concurrence sérieusement le fiable, nourrissant et volumineux Lonely Planet d’importation américaine, tout autant que l’impérissable Routard dont le style bidochon bonne franquette, façon « on est pote, j’te tutoie et j’te tape sur l’épaule », agace tellement la bonne langue et bafoue la distance courtoise, permanant hommage rendu à la plouquerie transhumante.
La carte et le territoire
Cartoville quant à lui coïncide à merveille avec l’époque du moyen-courrier low cost, du séjour en accéléré et des points de chute commodes d’accès : au contraire du guide de voyage traditionnel, conçu pour être consulté en amont du départ, annoté au fur et à mesure des repérages, parcouru à chaque étape du périple en guise de pense-bête et lu le soir sur l’oreiller pour faire montre, au retour, de l’immensité de sa culture générale, Cartoville coïncide avec l’instant présent : plaçant, comme son nom l’indique , la carte au cœur même de l’expérience, – sous le ciel exactement : on emporte avec soi, on a toujours en main cet outil de terrain, plus viatique de poche que vade-mecum, volume de petit format solide, miroir instantané de son itinérance personnelle.
Gallimard
Ce compagnonnage utilitaire – et fort utile en effet – se prête idéalement à la découverte immédiate, au caprice de la flânerie, à la baguenaude en territoire inconnu. C’est un guide pour les bons marcheurs, les arpenteurs de sentes non déflorées. Disons-le, la constance de son format, son ergonomie remarquable, son graphisme ultra clair, son chromatisme éclatant en fait un impeccable instrument pratique. Mais c’est fondamentalement l’organisation même du mince et solide livret, rigide et cartonné (au rebours de la traditionnelle organisation thématique, rubriquée, indexée), qui en fait l’originalité, sans équivalent dans le secteur du guide touristique : siglés A, B, C, D, etc. , Cartoville déplie au sens propre un à un quartiers urbains ou zones d’intérêt ; tout uniment et d’un seul tenant s’y découvre plans mis à l’échelle (50m,100m, 3km…), ressources annotées (hôtels, bars, shopping, restaurants, activités), vignettes photographiques, texte de présentation… Dans des villes à la topographie compliquée, comme Bucarest par exemple, on ne s’en passe pas. Idem dans le fourmillement des ruelles de Prague, ou sur les pentes des collines de Lisbonne.
Objet hybride
C’est au regretté Pierre Marchand (1939-2002) qu’on doit l’idée de Cartoville. Ce globe-trotteur invétéré – ouvrier agricole, mousse, apprenti typographe, vendeur d’aspirateurs, magasinier… – fonde le mensuel Voile et Voiliers, rejoint Gallimard en 1972 pour y diriger le département « Jeunesse », y lance les collections 1000 soleils (1972), Folio Junior (1972), la fameuse, hélas défunte collection Découverte Gallimard (1986) dont on s’arrache toujours les incunables dans les librairies d’occasion, initie une politique de co-éditions, crée les Guides Gallimard, avant de partir pour Hachette en 1999, alors même que les premiers Cartoville paraissent au tournant du millénaire : Paris, Londres, Rome, Barcelone…
Objet hybride entre livre et plan de ville, sésame de l’urbain par le vecteur de la carte, Cartoville poursuit sa révolution – à tous les sens du terme. En 2022, sous la houlette de son actuel directeur Vincent Grandferry, il a fait l’objet d’une importante refonte graphique, toilettage indispensable qui détermine aujourd’hui, avec ces codes couleurs contrastés, ses pictogrammes, ses numérotages et repères d’une grande clarté, la pérennité d’une collection unique en son genre – authentiquement inimitable.
En librairie : Cartoville Tirana et L’Albanie, Bonifacio, etc. Voyages Gallimard, 2025.
Avec Une femme debout, l’écrivain Catherine Bardon dévoile le combat incessant d’une avocate qui lutta toute sa vie contre l’injustice.
Sonia Pierre. DR.
« Ce roman est une dette envers une femme que je n’ai pas connue. Il retrace le destin hors du commun de cette avocate des droits humains rarement mise en lumière. Il raconte le parcours d’une femme exceptionnelle, opiniâtre et discrète, habitée par une cause qu’elle a défendue au prix de sa vie ». L’écrivain qui s’exprime ainsi est Catherine Bardon qui partage son temps entre la France et la République dominicaine. « Elle est l’autrice de la saga Les Déracinés qui s’est vendue à plus de 600 000 exemplaires », précise son éditeur. La femme hors du commun dont elle parle se nomme Sonia Pierre ; elle est née dans un batey, c’est-à-dire un campement de coupeurs de cannes à sucre. Cette dame a bien sûr existé. Et c’est un cas : dès l’âge de 13 ans, elle organisa une grève pour défendre les travailleurs exploités et opprimés. Malgré les immenses difficultés sociales qu’elle rencontra, elle parvint à faire de brillantes études et devint avocate avant de combattre l’injustice jusqu’à son dernier souffle. Oui, une femme exceptionnelle.
« Un labeur de bête »
Une femme debout serait-il donc une biographie de Sonia Pierre ? Non. « J’ai réinventé le réel en me laissant guider par ce que Sonia m’inspirait au fil de mes recherches », confie l’auteur. « J’ai voulu éclairer sa vie de militante, sans empiéter sur sa vie familiale. Dans ce roman vrai, les personnages secondaires comme Kerline et le père Anselme, et de nombreuses scènes ont été imaginés ».
Voilà qui est dit. Et ce roman vrai fonctionne à merveille. On se passionne pour la vie de cette femme tellement humaine. Les conditions de vie exécrables des malheureux ouvriers sont si bien décrites qu’on ne peut ressentir que compassion. « Un monde lent et pesant comme le pas des bœufs qui ahanaient en tirant les chariots rouillés aux essieux grinçants. Destinés au transport des fagots de canne, ils ramassaient les hommes armés de leur machette avant les premières lueurs du jour, pour les ramener à la nuit tombée, la tête basse, l’estomac vide, le corps anéanti, les bras endoloris, les mains couvertes d’estafilades, le dos cassé de s’être penché au plus près du sol pour couper les tiges à ras, les épaules moulues d’avoir coupé, coupé, coupé, mis en bottes, mis en bottes, chargé la canne. Un labeur de bête sous un soleil d’enfer ».
Il est ici question de vaudou, d’internationale socialiste et de fraternité. On sort de ce roman vrai totalement dégoûté par l’insondable cruauté que peut engendrer, chez certains, la soif du profit. Edifiant.
Une femme debout, Catherine Bardon, Les Escales, 240 pages.
D’après les premières informations données par les enquêteurs, le meurtrier présumé des quatre hommes dont les corps ont été repêchés dans la Seine serait un musulman radicalisé et homophobe. Il a d’abord prétendu être Algérien, mais serait en fait de nationalité tunisienne. Il a décidé de garder le silence jusqu’à son procès.
Le 13 août en début d’après-midi, un passager du RER C qui, à cet endroit sur la commune de Choisy-le-Roi (Val de Marne), longe la rive de la Seine, aperçoit un corps à la dérive. L’alerte est donnée et la brigade fluviale se rend sur place. Ce n’est pas un corps qu’elle découvre alors mais quatre, à peu de distance les uns des autres. Stupeur.
La France foutoir
À partir de cet instant, c’est dans une affaire bien glauque, bien sordide que les enquêteurs vont peu à peu s’immerger. Une histoire telle qu’on en trouverait dans les bas-fonds de Gogol ou du Zola dans sa plus sombre manière. Cela à une ou deux lieues de Paris, au XXIème siècle. Ces bords de Seine pourraient être riants, plaisants. Ce que nous en nous montrent les photos du Parisien illustrant le reportage nous dit clairement la réalité de ces zones entières peu ou prou laissées à l’abandon à la porte de nos villes. Image d’une France qui, oui, s’abandonne. Un lieu qui pourrait être d’agrément pour les populations dégradé en un lieu de misère et finalement, en l’occurrence, d’épouvante où plus personne ne va. Sauf les sans toit, les sans but, les sans repères, les sans avenir. Ce que sont justement les paumés de la fameuse « chance pour la France », cette immigration foutoire qui voit s’enfler d’année en année, de mois en mois, les légions d’êtres à la dérive, perdus qui ne sont plus d’ailleurs et ne seront jamais d’ici.
On a ici l’intégral du décor du bas-fond type dans cette affaire. Ainsi que le casting de ce grand ratage inhumain. Un squat infect, un vague square devenu un repaire de coït furtif pour homos. Et quatre types qui vont trouver la mort dans les parages, étranglés, pense-t-on. Abdellah, Amir, Sami et Frantz. Quatre meurtres, quatre victimes en 16 jours. Un record, semble-t-il. L’œuvre en rafale d’un sérial killer – l’enquête en cours le confirmera, ou non – emporté dans un délire assassin peu commun.
L’hypothèse d’une furie homophobe
Le mobile aussi devra être confirmé par l’enquête. Néanmoins, l’hypothèse d’une espèce de furie homophobe semblerait crédible, aux dires des investigateurs.
Une homophobie qui se compliquerait d’un conflit intime chez l’auteur des meurtres, violemment tiraillé entre ses tendances homosexuelles et les interdits de sa religion, un islam rigoriste dans lequel il aurait plongé de plus en plus ces derniers temps. Il s’est d’abord dit Algérien aux enquêteurs, serait en fait Tunisien. Ce qui est avéré et qu’il était entré en France et s’y trouvait en toute irrégularité. Depuis trois ans. Pour l’interrogatoire, il a fallu recourir aux services d’un interprète, l’intéressé n’ayant probablement pas jugé utile de se familiariser avec notre langue en ce considérable laps de temps, ce qui en dit long, au passage, sur la vigueur de sa motivation à s’intégrer. Passons.
Il s’est fait pincer pour avoir utilisé la puce téléphonique d’une des victimes et la carte bancaire d’une autre. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue, mais aucun aveu. Son avocat invoque le droit au silence de son client et nous annonce que celui-ci devrait consentir à s’exprimer lors de l’instruction. Trop aimable, n’est-ce pas…
Une immigration hors de contrôle
Cela dit, on a, avec cette affaire dont, encore une fois le sordide et l’horreur semblent d’un autre temps, la parfaite illustration des misères générées par une immigration sans bornes et sans règles. Misères au pluriel, en effet. Misère sociale bien sûr, misère culturelle, civilisationnelle, et, conséquence de l’une et de l’autre, misère mentale.
Il me semble que cette horreur devrait amener les autorités à considérer l’effarante contradiction qu’il y a entre prétendre vouloir combattre, par exemple, l’homophobie et laisser entrer en nombre, en bien trop grand nombre, des individus dont le fonds culturel, religieux, juridique est le rejet absolu et la condamnation de l’homosexualité considérée comme un péché, un crime. Me permettrai-je d’ajouter que ce qui vaut pour l’homophobie vaut aussi bien sûr, soit dit en passant, pour l’antisémitisme. Peut-être serait-il de simple bon sens, si l’on souhaite sérieusement et sincèrement endiguer ces deux ignominies et leurs ravages, commencer par s’occuper de tarir la source ?
Dans l’étrange climat politique qui règne en France en cette rentrée, l’ancien président socialiste joue la prudence et ne soutient pas le mouvement « Bloquons tout ».
Face à l’alternative que propose mon titre, j’ai l’impression que François Hollande a trop souvent choisi sa première branche. Aussi quel bonheur politique quand il se souvient de la seconde.
Il a déclaré sur France Inter, hier matin, au sujet du blocage du 10 septembre, à l’appel de Jean-Luc Mélenchon incitant à une grève générale : « Quand je ne connais pas les initiateurs, la direction et les revendications d’un mouvement, je ne peux pas m’associer à ce que je ne maîtrise pas… ». Il a totalement raison. Cette réticence politique, cette prudence démocratique, me semblent être liées au sentiment de responsabilité qu’un ancien président de la République se doit d’avoir.
Social-démocratie apaisée
J’aimerais que cet exemple de modération fasse taire les propos méprisants qui continuent d’être colportés sur cette personnalité qui, par rapport à l’extrémisme de gauche qui nous menace, représentait un moindre mal quand il tentait désespérément, contre « ses » frondeurs, de sauver une social-démocratie raisonnable.
Cette mise en cause de la journée du 10 septembre est sans doute étrangère, dans son esprit, à ce que j’ai dénoncé dans mon billet du 22 août sur la « globalité du malsain ». Il n’empêche qu’en regrettant que la lutte syndicale ne soit pas la seule motivation de cet événement, il renforce l’impression que ce blocage du 10 septembre est une manière à la fois puérile et dramatique de s’en prendre au Premier ministre qui vaillamment tient, contre tous les oiseaux de mauvais augure et les multiples adeptes de la politique du pire.
Il faut avoir la peau de François Bayrou même si avec elle on risque d’avoir une large part de celle de notre pays. Bayrou affirme que tout est à discuter mais personne ne souhaite ce dialogue avec lui, parce que ce serait risquer d’être convaincu, ou au moins touché. Sa conférence de presse, marquée par une dramatisation justifiée de l’état économique et financier de la France, au cours de laquelle il a annoncé qu’il se soumettrait le 8 septembre au vote d’une motion de confiance, est révélatrice à la fois d’une audace — il va affronter un risque — et d’une occasion politique s’il l’emporte, sans qu’aucune certitude ne soit possible à ce stade.
La rentrée des cancres
Sans sous-estimer les difficultés économiques et sociales de la France et son étrange climat politique, il me semble toutefois que d’autres périls mériteraient d’être pris au tragique et de favoriser sinon un consensus, du moins une approche plus apaisée et républicaine de nos antagonismes.
D’abord, au-dessus de l’envie perverse de « se payer » à tout prix François Bayrou, celle, au contraire, de ménager le plus longtemps possible un gouvernement qui dans tous les cas vaudrait mille fois mieux que la ruine qu’engendrerait sa censure.
Ensuite l’incroyable et bouleversante montée de l’antisémitisme en France. Avec son appropriation partisane par certains députés à l’extrême gauche et, plus dangereusement, par son insertion dans la quotidienneté, des citoyens décidant de leur propre chef, par exemple, d’exclure des Israéliens de certaines manifestations ou de certains lieux au nom de leur soutien à une cause palestinienne intégriste. Il n’est plus possible, sans réagir, de laisser s’amplifier ce poison en ne lui opposant que le verbe présidentiel proclamant « notre totale intransigeance ». Ce qui équivaut à rien sur le plan de l’action et révèle l’impuissance d’un État dépassé par l’ampleur d’un fléau que sa bonne conscience humaniste ne parvient pas à réduire.
Enfin, la France est confrontée à suffisamment de conflits internationaux, de négociations à mener, d’équilibres à assurer, de sauvegardes à effectuer, pour qu’on ne puisse pas aspirer à une accalmie dans des joutes internes pour consacrer le maximum d’énergie nationale à l’essentiel. Aussi bien protéger Boualem Sansal et le faire libérer qu’empêcher le dépeçage de l’Ukraine par un Poutine diaboliquement habile et un Trump narcissiquement manipulé.
Alors je conviens que François Hollande laissant l’ancien président damer le pion au député socialiste n’est pas un épisode bouleversant mais un peu de mesure, de réserve et de rationalité à gauche est toujours bon à prendre. On me pardonnera mais j’en remercie François Hollande.
À partir de ce mercredi 27 août, la collection des discours de Léon XIV depuis le début de son pontificat sera disponible en librairie. Elle a été réalisée en italien, en anglais et en espagnol par la Librairie éditrice vaticane. Un ouvrage qui permet de mieux connaître la pensée du Souverain pontife.
Dans un entretien accordé aux médias du Vatican, le patriarche œcuménique de Constantinople est revenu sur le conflit en Ukraine, «une guerre fratricide, un scandale pour le monde chrétien et surtout orthodoxe», a-t-il déploré.
Attention : venues de Chine, les tétines pour adultes sont aux portes de l’Europe !
Plus que jamais l’objet fétiche des bébés, l’assurance d’une tranquillité pour les parents, voilà que les plus de 18 ans revendiquent désormais le droit à la sucette en toute liberté. En Chine, puis aux États-Unis via TikTok, cette nouvelle tendance fait fureur et commence à se déverser sur les réseaux sociaux en Europe.
Antidépresseur pour abrutis, régression lubrique ?
Les internautes jurent devant la sainte tétine, modèles XXL, colorés ou sertis de strass, se vendant entre un et 70 euros, qu’ils dorment mieux, respirent plus calmement ou se relaxent depuis qu’ils les utilisent. En somme, la tototte version adulte 2.0 serait l’équivalent d’un antidépresseur de poche selon certains sites qui n’hésitent pas à affirmer que cela peut vous aider à arrêter de fumer. « Cela me procure un sentiment de sécurité, comme quand j’étais enfant », confie une utilisatrice. On aurait presque envie d’ajouter : et sans mutuelle santé.
Invisalign devrait gagner quelques points à la Bourse
Les dentistes, eux, sont nettement moins attendris face à ce phénomène. Ils avertissent même du danger que la lolotte fait planer sur ses utilisateurs, rappelant que cela n’est pas sans conséquence sur la santé à court terme : usage prolongé rime avec douleurs, dents déplacées et mâchoires malmenées. « Les vendeurs minimisent volontairement les dangers », prévient le docteur Tang Caomin, à Chengdu, cité par le South China Morning Post. Et gare à l’étouffement nocturne : on a connu vraiment plus glamour comme cause de décès. Du côté des psys, l’analyse est claire : il s’agit d’un phénomène de régression. Sous pression, certains adultes retrouvent les gestes rassurants de la petite enfance qu’ils auraient enfouis quelque part dans le cortex de leur cerveau. « La véritable solution n’est pas de se considérer comme un enfant, mais d’affronter ses problèmes », tranche sèchement le psychologue Zhang Mo à ceux qui seraient tentés de fuir les réalités du monde moderne.
Alors, simple gadget antistress ou symptôme d’une société qui refuse de grandir tels des Peter Pan ? Une chose est sûre : à ce rythme, les crèches devront bientôt prévoir une section « Vingtenaires, trentenaires et quadras angoissés, en manque de totoches ».
Nous avons été séduits par la curieuse poésie qui se dégage du roman Fermez vos gueules, les mouettes
Reconnaissons à Olivier Maillart un talent certain pour la farce picaresque neurasthénique. Dans son deuxième roman, Fermez vos gueules, les mouettes (éditions Héliopoles, 2025), quatre professeurs et amis décident de voler l’urne mortuaire d’un ancien camarade de philosophie, afin de disperser ses cendres sur une plage. Ce n’est pas tout à fait l’Odyssée, néanmoins les péripéties se succèdent au pas de course vers l’absurde. Heureuse escapade nocturne où les migrants se donnent des rendez-vous de bourre-pif, et où nous nous aventurons, en la compagnie de nos valeureux héros de l’Éducation nationale, à une soirée Game ovaire dans un bar féministe queer. Au risque de fâcher, n’oublions point de citer parmi ces aimables pérégrinations la rencontre avec un certain Charles Pell. Ah, le grand Charles ! Poète au talent flou du merveilleux Râteau ivre, dont le génie a résolument pris le parti de la pose !
Cet impressionnisme satirique n’est pas sans évoquer Patrice Jean. Mais l’écriture de Patrice Jean est une vision en lutte avec le monde. L’homme surnuméraire que nous sommes tous se débat dans son œuvre contre l’expression, nouvelle à chaque époque, de la bêtise humaine. Olivier Maillart conserve plutôt une distance amusée avec le présent. Ses personnages acceptent le contemporain, sans trop faire d’histoires. Ils affichent pour la plupart une candeur vaguement étonnée. Une sorte de « pourquoi pas », placide et finalement accommodant. « Ah, tiens, le monde est devenu ainsi maintenant ? Ce sont les règles nouvelles ? Ah oui, bon, d’accord… » semble la petite musique qui rythme son ouvrage. L’extravagance narquoise des tableaux exprime en premier lieu une étrangeté actuelle. La raillerie sociale flirte avec le surréel. Il y a là-dedans quelque chose d’une satire onirique avec, en même temps, cette sensation de mauvais rêve que prend la vie dans le deuil.
Une comédie noire pleine de mouettes et de cendres
Voilà un ouvrage où la mort n’est jamais très loin de la drôlerie. Les personnages arrivent au début du récit pour la cérémonie d’enterrement ? Aussitôt l’auteur prend un malin plaisir à souligner que : « C’est Philippe qui engageait le plus volontiers la conversation, saluant les uns d’un signe de la tête, les autres d’une poignée de main. C’était tout de même un petit week-end à la campagne aussi, pour lui, cette histoire, et il y retrouvait des visages qu’il n’avait pas croisés depuis longtemps. Sans bien parvenir à masquer son contentement, il naviguait d’un groupe à l’autre. On pouvait croire à une amicale de profs de maths, car beaucoup avaient une équerre et un compas qui dépassaient de la poche gauche de leur manteau. Un grand chauve barbu serra la main tendue de Philippe d’une poigne faiblarde, façon demi-molle, lui grimaçant qu’il était content de le revoir, s’enquérant de nouvelles dont il n’avait visiblement rien à foutre, sans que cela refroidisse le muté — ou le Parisien, comme on l’appelait ici de manière peu flatteuse. »
Quant à un autre, sa tristesse nous est ainsi résumée : « L’hospitalisation de R. avait mécaniquement accru la dépendance de G. à tous les excitants modernes dont il était grand consommateur : drogues, demoiselles, philosophes danois et, bien entendu, alcools divers et variés. »
Enfin, quoi de plus réconfortant que de raconter l’agonie de sa vieille mère à une serveuse transsexuelle, dans un moment d’intimité : « Adriana posa alors sa main sur celle de Philippe qui, à cette simple caresse, sentit fondre en lui les dernières résistances qui l’empêchaient de dire ce qu’il avait vu, ce qu’il avait vécu. Sa mère si affreusement diminuée, à l’hôpital, les dernières semaines. Incapable de respirer par elle-même, de se nourrir, de pisser comme de chier. De rien faire. Une sangle soutenant son menton qu’elle n’arrivait même plus à empêcher de laisser choir. »
Le ton pince-sans-rire d’Olivier Maillart se décline en plusieurs registres, comme les différents étages d’un immeuble où chaque appartement apporte une touche singulière à la vie collective. Les observations fines succèdent au loufoque. L’humour vient souvent adoucir un trait trop grave. On songe parfois à une blague potache et spleenétique. Il ne faut pas néanmoins s’attendre à de grandes tensions dramatiques. L’intrigue se révèle encore plus mince que Sydney Sweeney dans ses bons jeans. Les scènes se suivent sans nécessité particulière. Le lecteur n’y croit pas vraiment. Les personnages pas davantage. On a l’impression que même les décors ne tiennent pas droit… C’est le récit de gens ordinaires qui cherchent tout au long de ce roman à faire leur deuil, et c’est comme si cette errance intérieure contaminait le livre même. On a ce sentiment, derrière l’humour, d’une écriture un peu trop triste pour se fondre tout à fait dans ce qu’elle raconte. Il en reste une certaine atmosphère.
Ce je ne sais quoi dans le style de Maillart
Que possède donc l’écriture de notre auteur qui, phénomène singulier dans le milieu éditorial d’aujourd’hui, la distingue de beaucoup d’autres ? Je dirais, un certain charme. Nous sommes loin des grands orgues de Bernanos, ou de la raillerie cruelle d’un Houellebecq. Mais il se devine une tendresse dans cette peinture caustique d’un monde qui semble au bord de la folie. Notre condition humaine nous est exposée avec une légèreté navrée et indolente. Tout est approximatif dans ces chapitres, sauf la finesse d’esprit qui y triomphe. De sorte que cette approximation narrative, mêlée à une acuité dans les émotions, retourne la désinvolture en profondeur. Il en germe une grâce bizarre, comme une veste mal coupée, mais dont les mauvaises proportions séduisent aussitôt.
Car au fond, le charme, c’est toujours se tenir au bord du ratage. C’est ce qui pourrait ne pas marcher, mais qui nous emporte quand même, à notre grand étonnement. On pourrait en vouloir à l’auteur de ce livre sans véritable intrigue et aux scènes invraisemblables, peuplées de personnages à peine esquissés, mais on y trouve ce je ne sais quoi plein de pudeur, dans le ton de l’ouvrage, qui parvient à émouvoir.
Fermez vos gueules, les mouettes d’Olivier Maillart, nous enseigne à quel point le charme littéraire est un art exigeant. Une délicate alchimie pouvant insensiblement tourner au bouillon tiède ou à la mauvaise parodie. Cet équilibre requiert une écriture beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît, où les personnages secondaires, en quelques mots, se révèlent davantage que la caricature qui nous est offerte de prime abord. Où chaque scène possède une curieuse poésie. Où la malice ne se heurte pas à la gravité du propos, mais lui donne tout son sel, pour nous sauver de la niaiserie. Afin d’atteindre au charme, il faut donc un peu rater, mais en y mettant une sensibilité discrète. Alors, comme dans ce roman, l’inabouti devient une couleur qui participe au style et dont la subtile maladresse touche parfois plus immédiatement que des œuvres mieux affirmées.
La CENCO, l’Église du Christ au Congo (ECC), la Plateforme des confessions religieuses au Congo et la Coalition interconfessionnelle pour la Nation (CIN) ont présenté ce 25 août leur feuille de route pour une sortie des conflits qui ensanglantent la République démocratique du Congo depuis plus d’une trentaine d’années. L’objectif est de «restaurer la paix, la cohésion nationale, le vivre-ensemble ainsi que consolider le droit démocratique». Ce plan s’articule autour de quatre grandes étapes.
«La paix soit avec vous tous. Vers une paix désarmée et désarmante»: c’est le thème du prochain message pour la Journée mondiale de la paix 2026, célébrée le 1er janvier et rendu public ce mardi 26 août par le dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral. Ce message, le premier du Pape Léon XIV, reprend les mots que le Souverain pontife avait prononcés en apparaissant au balcon de la basilique Saint-Pierre juste après son élection.
En collaboration avec la fondation Hilton, Vatican News publie une série d'articles sur l'action des religieuses dans le monde, des contributions offertes par des sœurs présentes dans le monde entier. Dans cet épisode, nous nous intéressons à sœur Veronica qui a vécu dans un ordre laïc français puis a été envoyée en Suède. À Rögle, elle rencontre des personnes qui ne sont pas catholiques, mais qui fréquentent néanmoins le couvent des sœurs dominicaines en quête d’elles-mêmes et du silence.
Dans une déclaration commune, l'Église grecque-orthodoxe et le Patriarcat latin de Jérusalem expriment leur inquiétude face aux conséquences de l'action militaire israélienne, et aux «ordres d'évacuation» de la bande de Gaza. «Il ne peut y avoir d'avenir fondé sur la captivité», il est nécessaire d'agir pour mettre fin à «cette guerre insensée et destructrice», peut-on lire dans le document.
Ni leader, ni revendication précise. Comme une révolte dans le vide… Le mouvement social « Bloquons tout » va-t-il prendre? Assiste-t-on à une renaissance des gilets jaunes? Le mouvement pourrait-il être manipulé de l’étranger?
L’an 01, que nous proposait Gébé, membre éminent de l’équipe d’Hara-Kiri Hebdo (qui deviendra Charlie Hebdo), était présenté comme un prolongement naturel et immédiat du mouvement de mai 68. Le mot d’ordre était simple, et apparemment plein de bon sens: « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ».
Mais globalement rien ne s’est arrêté, et le monde a continué sur sa lancée, parce que l’énorme machine économique, sociale, politique, en un mot humaine, dans laquelle nous sommes tous immergés, ne peut pas s’arrêter. Elle ne peut qu’essayer de se réorienter (et avec quelles difficultés !) dans son mouvement.
Le mouvement du 10 septembre, qui semble se profiler, n’est qu’une pâle copie de cette utopie, mâtinée comme toujours de revendications syndicales, des éternelles prétentions révolutionnaires de l’extrême gauche, de la bienveillance des partis politiques qui n’oseront ni trop condamner, ni trop encourager, du désordre façon « gilet jaune », et de la violence façon black-blocks.
Bref tout cela ne fera qu’exacerber inutilement les tensions d’un pays déjà suffisamment sur les nerfs. Si à cela s’ajoute la chute du gouvernement, la situation financière catastrophique de la France, sa crédibilité sur le marché de la dette s’en trouverait encore dégradée. Sans compter les innombrables problèmes et les retards dans la prise de décisions pourtant urgentes.
À bien des égards nous avons toutes les raisons de n’être pas satisfaits de la façon dont ce pays est dirigé depuis des années. Mais le mouvement qui s’annonce, s’il devait s’amplifier, ne résoudra rien et nous coûtera cher. Si le pays va mal nous en sommes collectivement responsables, par lâcheté, par ignorance, par insouciance et par irresponsabilité.
Mais malgré tout, une question se pose: à qui profite ce crime qui pousse régulièrement une minorité de Français, toujours prêts pour le grand jour (mais sous l’œil attendri de bien des autres) à croire qu’ils peuvent changer leur vie en descendant dans la rue ? Après tout, nous avons des ennemis suffisamment habiles pour savoir ourdir, en utilisant l’implacable dynamique des réseaux sociaux, des mouvements de déstabilisation du pays… Je sais, mon discours est complotiste, mais je ne pense pas qu’il faille forcément exclure une telle hypothèse.
La CENCO, l’Église du Christ au Congo (ECC), la Plateforme des confessions religieuses au Congo et la Coalition interconfessionnelle pour la Nation (CIN) ont présenté ce 25 août leur feuille de route pour une sortie des conflits qui ensanglantent la République démocratique du Congo depuis plus d’une trentaine d’années. L’objectif est de «restaurer la paix, la cohésion nationale, le vivre-ensemble ainsi que consolider le droit démocratique». Ce plan s’articule autour de quatre grandes étapes.
En réaction à l’appel du Pape Léon XIV en faveur de la paix à Cabo Delgado, au Mozambique, l’évêque de Pemba, Mgr António Juliasse F. Sandramo a soutenu que le message du Saint-Père est un acte de grande proximité envers le peuple mozambicain, souffrant terriblement d’une guerre qui ne doit pas tomber dans l’oubli.
L'évêque du diocèse de Quelimane et secrétaire de la Conférence épiscopale mozambicaine, Mgr Osório Citora Afonso, a exprimé la joie de toute la nation pour les paroles de solidarité de Léon XIV. Mgr António Juliasse Ferreira Sandramo, évêque du diocèse de Pemba a pour sa part affirmé que: «Le Souverain pontife a fait comprendre au monde qu'il n'existe pas de guerres dignes d'être oubliées, car tout conflit blesse la vie et porte atteinte à la dignité de la personne humaine».